L'inattendue

L'inattendue
Bonjour à tous et à toutes! ^^

Vous voilà arrivés sur un blog qui héberge une fic sur les jumeaux Bill et Tom Kaulitz de Tokio Hotel.

DISCLAIMER : Tout ce que vous lirez ici n'est que de la fiction pure et simple! N'y voyez rien de réel, ni encore moins l'intention de nuire aux vrais Bill et Tom qui sont une source d'inspiration malgré eux. Je suis majeure, et les personnages fictifs de cette fiction le sont aussi.

Fic déconseillée aux mineurs car traitant du thème de l'inceste fraternel (entre jumeaux) et contenant des scènes érotiques !

Cette fic est un mpreg. Cela signifie qu'un homme est "enceint". C'est un peu la version Thomas Beatie, mais yaoi, lol.

Avant de commencer, petite mise au point.

Le thème général de cette fic se retrouve dans énormement de fics de mpreg (TH et autres...), j'en suis consciente (dont celle que j'avais traduite et que je n'ai pu continuer pour cause de divergences avec l'auteure sur l'existence de la suite que j'avais apportée à son début de fic en hiatus), car il s'agit ici d'hermaphrodisme, avec les conséquences physiques que tout un chacun peut imaginer dans un mpreg.

Bref, ce n'est pas une idée originale, mais elle n'appartient également à personne en particulier. En gros, voici ma version (de A à Z) sur ce thème. Les ressemblances avec la fic que j'avais traduite d'everstar s'en arrêtent à son thème général même si elle s'en inspire (voir "a million reasons left to deny" sur tokiohotelfiction.com).

J'espère qu'elle vous plaira. N'hésitez pas à me laisser vos commentaires! J'essaierai d'y répondre (mais sachez par avance que je suis une tache pour ça, lol).

À bientôt...

Sanggreen

Donnez une note à cette fic : * ** *** **** *****

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Si vous voulez donner une note à cette fic, rendez-vous sur l'article consacré à l'inattendue sur le blog de mpreg-x. =)

D'autres blogs où me noter :
- recueille-de-yaoi (sur 20 - merci pour ton avis =)
- psychodelique-annuaire (sur 10)
- annuaire-fic-musical (sur 10 - merci pour ton avis =)
- fics-yaoi-annuaire (sur 20 - merci pour ta note =)

Vous pouvez également donner votre avis dessus sur :
- annuaiire-yaoi-fic-th (mon blog sanggreen est juste après)
- x-annuaire-fic-macky-x
- x-annuaire--yaoi-x
- neadro-annuaire (en bas de page - merci pour ton avis =)
- annuaireyaoi
- blogs-fan-fics-yaoi

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Explications des termes ou examens médicaux utilisés dans la fic :
hermaphrodisme, coloscopie, toucher rectal, cryptorchidie, orchidopexie, gonadotrophine chorionique, colite, interruption médicale de grossesse, amniocentèse, gynécomastie, échographie 3D-4D, ligature des trompes, anesthésie au xénon, césarienne (technique de Starck)

Si vous voulez l'explication d'autres termes, n'hésitez pas, demandez ! :)

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Prologue
Liste des chapitres : introductif, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, conclusif, 44, épilogue, bonus (1, 2)

FIC TERMINEE!


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Au fait, j'ai rajouté à droite mon tout nouveau tout neuf blog music (et il est interdit d'en rire! vv èé *huhuh*)

Vous pouvez laisser vos pubs, ça m'intéresse toujours, mais à part pour les annuaires, je ne les validerai pas.

***

Je tiens à remercier Winry qui a corrigé cette fic.
Bonne lecture! ^o^

# Posté le dimanche 14 décembre 2008 19:31

Modifié le dimanche 05 juillet 2009 11:54

Prologue

Prologue
Bill et Tom sont jumeaux. De vrais jumeaux. À leur look, on ne le dirait pas. Ils sont tellement différents.

Le premier est un chanteur efféminé. Il se teint les cheveux en noir, se maquille, il a des tatouages et s'habille de vêtements moulants. Il clame ne pas être gay. Le second est un guitariste. Il est un tantinet plus masculin, a de longues dreadlocks blondes et s'habille de vêtements larges qui cachent son corps. Il se vante d'avoir toutes les filles de la Terre à ses pieds. Leurs voix sont également différentes, celle de Bill étant plus aiguë que celle de son frère. Il est même de constitution plus frêle que lui.

Néanmoins, cette différence n'est qu'apparente, car elle ne peut-être que cela, une apparence. Ce sont des jumeaux monozygotes, tout ce qu'il y a de plus normal. Eux-mêmes le disent : s'ils ne se ressemblent pas extérieurement, ils sont les mêmes à l'intérieur.

Avec Georg et Gustav, les jumeaux sont membres d'un groupe de rock qui a un succès fulgurant en Europe depuis 2005 et qui commence à être connu aux États-Unis. Les deux sont accaparés par la foule et les médias, tels des objets seulement bons à disséquer. Alors les deux garçons leur mentent, constamment, pour se protéger, comme le font toutes les stars qui tiennent à garder une vie privée, juste un peu d'intimité.

Ces frères sont proches, très proches. Tellement proches qu'une partie des jolies jeunes filles qui les adulent imaginent qu'il y a autre chose entre eux. De la relation charnelle occasionnelle à des sentiments plus profonds. Dans tous les cas, un amour fusionnel. Parce que c'est la nature humaine d'imaginer des choses, même les choses les plus invraisemblables.

Car en réalité, Bill et Tom sont des frères normaux. Et si des journaux ou d'autres gens idiots pensent que les milliers de photos manipulées que l'on trouve si facilement sur Internet sont réelles, ou voient une proximité anormale là où il n'y a rien à voir, c'est leur problème. Ces images où on les voit ou on les imagine être dans des positions qui ne siéent pas à des contacts acceptables entre frères ne sont que des fantaisies bizarres ou des divagations. Leur amour est juste fraternel, il en a toujours été ainsi. Comment pourrait-il en être autrement ?

Dans nos sociétés modernes, jugé par la morale et sous certains codes comme anormal, l'inceste est un tabou au grand jour même s'il rampe la nuit. Dans tous les cas, la majorité le trouve absurde, et la majorité a toujours raison.

Il est donc absurde d'imaginer qu'ils puissent avoir des contacts incestueux, encore moins qu'ils puissent être amoureux. C'est impossible, même malsain pour ceux dont la morale ne peut seulement le concevoir.

Oui, Bill et Tom sont des jumeaux normaux. Ils ne sont pas amoureux l'un de l'autre.

Dans le cas contraire, et si Dame Nature le permettait, cette histoire pourrait être vraie...

Donnez une note à ce prologue : * ** *** **** *****

# Posté le dimanche 18 janvier 2009 15:44

Modifié le lundi 09 mars 2009 07:58

Chapitre introductif

Chapitre introductif
Juin 2008, Berlin.

Grimaçant, Bill s'assit avec précaution sur le canapé. Tout son côté le faisait horriblement souffrir, une sensation de brûlure lancinante lui échauffant la peau.

- Aïe ! se plaignit-il lamentablement.

S'asseyant à côté de lui après avoir éteint la lumière, Tom déposa un bol de pop-corn et deux verres sur la table basse devant eux que seule la lumière de l'écran plat éclairait. Il s'esclaffa en lui lançant un regard pétillant d'amusement, un sourire en coin peu compatissant.

- Tu l'as voulu, maintenant tu l'as.

Bill eut une petite moue à sa réflexion, et le suivant pensivement du regard, il démêla ses longs cheveux bruns qui lui tombaient sur les épaules.

- Tu sais pourquoi je l'ai voulu, grogna-t-il en appuyant lentement son dos en arrière pour ne pas étirer trop brusquement sa peau.

Tom rougit légèrement et baissa les yeux sur la télécommande pour zapper au hasard. Il ne répliqua pas, songeant aux mots à présent gravés à l'encre noire sur la peau douce et diaphane de son jumeau.

Wir hören nie auf zu schreien...

Il jeta un coup d'½il discret vers son frère. Sa tête posée en arrière, celui-ci fixait le plafond en cherchant à se détendre, son dos mis à rude épreuve craquant légèrement. Les pupilles de Tom errèrent lentement sur sa silhouette. Sous le tee-shirt strass que Bill portait, Tom savait que ses côtes étaient entièrement recouvertes d'un énorme pansement.

... Wir kehren zum ursprung zurück

Le blond fixa ensuite le sol, pensif alors qu'il tirait nerveusement sur le bandeau noir autour de sa tête. Si Bill avait tenu à tatouer ces deux phrases, c'était pour se rappeler à jamais les liens qui le liaient aux deux êtres qu'il aimait le plus au monde. Sa mère, et bien sûr, son frère.

Son frère. Tom ferma un instant les yeux, et ses doigts se crispèrent sur la télécommande.

Ne remarquant pas la réaction de son jumeau, Bill geignit en remarquant la chaîne que celui-ci avait mise par hasard.

- Quoi ? Y a rien d'autre ? grimaça-t-il à nouveau.

Tom avait mis un téléfilm digne d'une série Z typiquement allemand... et indigeste.

Son trouble évaporé en entendant la plainte de Bill, Tom cligna des yeux en voyant le voyou à l'écran sortir un flingue pour tirer dans le tas. Le guitariste décida que le hasard n'avait pourtant pas si mauvais goût, et posant le bol de pop-corn sur ses genoux, il s'installa dos contre le canapé, leurs épaules se frôlant.

- Tu préfères regarder un DVD ? bâilla-t-il.

Bill ne répondit pas, trifouillant d'un air absent la croix qu'il portait autour du cou. Il avait dit à son jumeau qu'il voulait passer une soirée tranquille avec lui après cette longue journée, devant la télévision, néanmoins, il n'avait pas prévu de voir quelque chose de spécifique. Il voulait juste être avec son frère, profitant de sa bonne excuse.

En effet, ces quatre heures de tatouage avaient été une réelle torture, et comme à son habitude, Tom avait assisté à cette nouvelle séance de tatouage sans rechigner, tenant même sa main la plupart du temps pour le rassurer et l'encourager.

Après cela, voyant à quel point son petit frère couinait de douleur en revenant chez eux, il lui avait promis de passer la soirée en tête-à-tête avec lui, le jeune homme promettant d'être entièrement à ses petits soins pour lui faire oublier son supplice.

À ce souvenir, Bill rosit et se sentit fondre, se rappelant le sourire hésitant et fuyant que son frère avait arboré. Cherchant à nouveau timidement le contact qu'ils avaient eu quelques heures plus tôt, dans le salon de tatouage, il tâtonna, faisant glisser ses doigts sur les siens avant de les refermer sur eux pour lui tenir la main.

Son c½ur s'accéléra quand il lui sembla percevoir un léger tremblement de la part de Tom, et Bill se tritura la lèvre inférieure nerveusement quand il sentit Tom serrer à son tour sa main.

Malgré toute la tendresse et toutes les petites attentions délicieusement maladroites de Tom, il savait que son jumeau ne pouvait pas ressentir les mêmes sentiments que lui à son égard. Bill ferma les yeux.

Il ne pourrait jamais avoir que des relations fraternelles avec Tom, et il était déjà heureux de pouvoir être aussi proche de lui en tant que frère. Néanmoins, il y avait parfois des regards ou des gestes, comme ceux que Bill avait reçus ce jour-là, qui permettaient à son esprit fou de délirer et de rêver que peut-être, oui peut-être, il y avait autre chose derrière cette ambiguïté occasionnelle.

En effet, Tom n'avait pratiquement pas quitté des yeux son corps à demi-nu sur sa table de torture, le détaillant sans honte pendant des heures et des heures en suivant les gestes du tatoueur, et si Bill n'avait pas souffert le martyre sous l'aiguille du tatoueur, il aurait pu qualifier le moment d'érotique. Gêné mais aussi flatté et motivé par cet intérêt qui ne voulait pourtant sans nul doute rien dire, le chanteur s'était décidé à agir et à profiter jusqu'au bout de l'éphémère situation.

Bill rouvrit ses paupières. En effet, ce soir, il s'était décidé à flirter avec le jeune homme, sachant très bien que sous couvert de sa précieuse relation privilégiée avec lui, il pourrait certainement s'en sortir avec une pirouette pour expliquer son comportement bizarre..., et ainsi continuer à souffrir en silence.

Leurs doigts entrelacés, il caressa de son pouce le dos de la main de Tom. Celui-ci fixait l'écran, ne semblant pas réagir. Leurs mains libres se croisaient de temps à autre dans le bol, s'effleurant tandis que tous deux regardaient d'un air absent l'histoire qui défilait devant leurs yeux.

Un moment passa, gonflant le c½ur du brun de bonheur dans sa tendre simplicité. Il pouvait presque imaginer qu'ils étaient un petit couple, regardant en amoureux un film à l'eau de rose dans leur petit nid douillet.

Sauf que dans le cas présent, il s'agissait d'un film d'action pathétique. Bill fronça le nez, et se retenant de soupirer, il osa finalement poser la tête sur son épaule, sentant son c½ur battre un peu plus. Il geignit pour la forme, feignant d'avoir mal pour attirer son attention.

Tom ne tourna pas la tête, mais il demanda d'une voix que Bill n'avait que rarement entendue aussi douce :

- Tu as mal ?
- Oui, horriblement, couina Bill en soufflant contre son cou.

Ses yeux errèrent sur la chair de poule qui se forma sur la peau de Tom, et osant faire glisser un doigt sucré par le pop-corn sur son cou, le jeune homme murmura.

- Tomi, tu as froid ?
- Non, répondit Tom avec embarras.

Ses pupilles papillonnèrent avec nervosité, n'osant quitter l'écran en sentant son frère si proche, et aussi immobile qu'une statue de pierre, il déglutit imperceptiblement en sentant le doigt de Bill glisser un peu plus sur sa gorge. Le chanteur ouvrit un peu plus ses paupières, ses longs cils graciles courbés par le mascara révélant ses yeux en amande.

Encouragé malgré lui par la réaction tendue de son frère, le brun souffla encore doucement sur son cou. Cela dut chatouiller le jeune homme, car Tom étouffa un rire, rosissant lorsqu'il tourna la tête vers lui pour qu'il arrête. Bill en profita pour souffler sur son menton, ses lèvres s'approchant dangereusement des siennes, et le blond l'évita en détournant brusquement la tête, baissant les yeux.

- Bill !
- Ben quoi ? tenta innocemment ledit Bill.

Il l'observa, fasciné. Les yeux de Tom brillaient d'un éclat subtil, et il souriait légèrement. Il paraissait un peu embarrassé, mais son expression était douce, semblant cacher de tendres pensées.

Son menton toujours posé sur son épaule, Bill resserra un peu l'emprise de sa main sur la sienne, son c½ur battant un peu plus fort de voir que Tom ne bougeait pas, ne fuyant pas leur contact même s'il était quelque peu crispé. Caressant sa main de son pouce, le brun attendit qu'il parle, mais comme le blond restait irrémédiablement muet, il murmura, calant sa tempe contre son épaule :

- Merci.
- De quoi ?
- D'être là.

Dans sa vision de la réalité, il flottait une immanquable atmosphère romantique dans l'air, et Bill sentit son ventre se tordre. Tom ne cessait de jeter des coups d'½il perturbés et incertains vers lui. Oui, on aurait vraiment dit un petit couple qui s'amusait à flirter. Mais ce n'était qu'un beau rêve. Bill ferma les yeux.

- Tu suis le film ? demanda Tom au bout d'un moment d'un ton nonchalant.
- Pas vraiment, marmotta Bill en rouvrant doucement ses paupières d'un battement de cils. J'arrive pas à me concentrer dessus.

Tom grogna.

- En tout cas, si tu t'endors, ne compte pas sur moi pour trimballer tes petites fesses au lit. Tu pèses un âne mort dernièrement.

Bill rougit, puis fronçant les sourcils, lui donna une tape sur le bras qui le fit ricaner. Son jumeau n'avait cessé de se moquer de ses joues joufflues.

- Je ne suis pas obèse.
- Oh que si !
- Quoi ?

Tom s'esclaffa, et continua nonchalamment pour le taquiner :

- Qui aurait pu imaginer qu'un hérisson pouvait avoir des joues de hamster à force de manger trop de saucisses ?

Hoquetant à sa raillerie, le brun pinça de manière chatouilleuse sa taille de sa main libre, et Tom se tortilla sur lui-même pour lui échapper, gloussant. Leurs joues se frôlèrent, et sans réfléchir, le blond sortit une parade pour sauver sa peau.

- Mais même avec des joues de hamster, tu es toujours aussi mignon.

Surpris, Bill stoppa ses chatouilles. Tournant un peu plus vers lui son menton toujours posé sur son épaule, il le regarda avec de grands yeux, et Tom toussota, ses oreilles rougissant. Quelques secondes passèrent. Seuls quelques coups d'armes à feu provenant de la télévision troublèrent le silence, le faisant mourir un petit peu plus à chaque fois, jusqu'à ce qu'il entende enfin un faible murmure.

- Toi aussi. Tu es très mignon.

Bill reposa ses yeux sur l'écran et se tut. Leurs doigts étaient toujours entrelacés, mais la paume de leurs mains était légèrement moite à présent. Tom retourna son attention sur la télévision et à son pop-corn sans rien dire. Il avait suffi de quelques mots pour que l'atmosphère se tende encore.

Il fallut bien dix minutes avant que Bill n'ose bouger, ramenant ses genoux pliés sur le côté pour les appuyer sur la cuisse de Tom, frôlant son aine. Le blond se crispa un peu plus, et Bill hésita. Il lâcha timidement sa main et piqua un grain de maïs éclaté en faisant attention de ne pas frôler les fins doigts de son jumeau qui agrippaient nerveusement le rebord du bol.

Le brun était entièrement collé, pelotonné contre son frère, et dans l'air, flottaient une gêne et une timidité qui n'avait pourtant jamais existé entre l'un et l'autre auparavant. En effet, même s'ils avaient l'habitude d'une proximité et promiscuité exacerbées, il avait la sensation que Tom était aujourd'hui embarrassé d'être ainsi envahi dans son espace personnel. Peut-être trouvait-il son comportement louche ?

Bill se mordit les lèvres, sentant la panique l'envahir. Et si son jumeau avait deviné que...

- À quoi tu penses ? souffla doucement Tom. Tu as l'air complètement ailleurs.

Surpris par sa question, la tête de Bill pivota brusquement vers lui, et il manqua de sursauter en se retrouvant nez à nez avec le jeune homme. Leurs lèvres s'effleurèrent, et leurs yeux se fixèrent. Ils frissonnèrent. Ils étaient si proches. La tête du brun se mit à tourner légèrement, le faisant parler malgré lui :

- Je sais pas. À quelqu'un peut-être, avoua-t-il en un murmure timide en sentant qu'il arpentait une voie dangereuse.
- Vraiment ? À qui ? s'étonna Tom.

Son ton avait été incisif, étrangement inquiet sous son masque d'indifférence.

Bill resta un instant silencieux, décryptant à vive allure les réactions de Tom. Il lui semblait deviner quelque chose dans les yeux chocolat de son jumeau. Comme une pointe de jalousie. Le brun trembla, mais choisit d'enfoncer le clou, cherchant là où cela aurait pu faire mal. Sans réel espoir. Il inspira un bon coup.

- Tom, j'ai quelque chose à t'avouer. Je crois que je suis tombé amoureux.

Tom ne dit rien à son annonce brutale, et Bill essaya de comprendre à quoi il pensait, en vain. Les lumières de l'écran changèrent, les plongeant dans le noir, et ils frissonnèrent un peu plus.

Se tendant légèrement et son c½ur tambourinant, Bill se rapprocha à nouveau. Sans savoir ce qui lui prenait, il sentit son nez frôler celui de Tom, et sans qu'il ait réellement eu le temps de réfléchir à ce qu'il faisait, il effleura sa bouche avant de déposer lentement ses lèvres sur les siennes, les laissant goûter à leur douceur de longues secondes en un tendre baiser.

Tom ne bougea pas, et frémissant, Bill recula. Leurs yeux chocolatés obscurcis par le noir se fixaient avec peur.

- Pourquoi ? souffla Tom de lèvres tremblantes.
- Je pense que je suis amoureux de toi.

Sa voix était plus sérieuse et tremblotante qu'elle n'aurait dû l'être, laissant transparaître un éclat de vérité difficile à nier. Néanmoins, attendant le premier signe de rejet scandalisé et dégoûté, Bill était prêt à retirer son aveu et à éclater de rire pour rassurer son frère.

Cependant, il ne doutait pas que ses yeux traîtres ne savaient pas mentir sous le regard de Tom. Or, celui-ci le fixait, intensément, lisant comme un livre ouvert dans ses pupilles humides qui brillaient dans la pénombre.

Tous deux avaient cessé de respirer, attendant que l'un se décide à faire quelque chose.

Et soudainement, sans crier gare, les lèvres de Tom s'abattirent à nouveau celles du chanteur, les capturant avidement mais tendrement. Sans réfléchir une seule seconde, Bill y répondit avec passion, leurs langues venant tâtonner maladroitement la bouche de l'autre avant de prendre leurs marques et de se goûter, se découvrant avec surprise.

Mais quand le blond agrippa sa taille avec un peu trop d'enthousiasme, le brun recula d'un bond, décollant leurs lèvres pour pousser un cri de douleur.

- Aïe !
- Pardon, s'affola immédiatement Tom. J'ai complètement oublié.

Etouffant un rire nerveux, Bill posa son front contre le sien. Ses yeux étaient à présent pleins de larmes, mais celles-ci n'étaient pas dues à la douleur. Grimaçant légèrement, il passa une main tremblante sur le visage de Tom, n'osant y croire. Ça ne pouvait être qu'un rêve.

- C'est pas grave, Tomi, dit-il doucement. Ce n'est pas grave...

Ils se fixèrent dans la pénombre, à peine tournés l'un vers l'autre, et Bill posa en frissonnant son autre main sur son visage tandis que Tom entourait plus délicatement sa taille de ses bras. Lentement, leurs bouches tremblantes se rapprochèrent et se rencontrèrent pour entamer un nouveau baiser.

Un baiser tendre, passionné et amoureux.

L'un et l'autre ne savaient pas encore dans quoi ils s'étaient engagés, mais ils étaient les plus heureux au monde.

À suivre...

Donnez une note à ce chapitre : * ** *** **** *****

# Posté le vendredi 19 décembre 2008 04:26

Modifié le lundi 14 septembre 2009 18:03

Chapitre 1

Chapitre 1
Fin Août 2008, Etats-Unis.

Bill sortit du box des toilettes en tirant nerveusement son pantalon vers le bas, jetant des coups d'½il angoissés vers son entrejambe à la recherche d'une tache possible.

Cela faisait quelques mois déjà qu'il avait de temps à autre ce qui ressemblait à une infection, du sang sombre se mélangeant à ses selles, mais c'était bien la première fois qu'elle était assez importante pour tacher ainsi son boxer d'un rouge brunâtre.

Bill se rapprocha du miroir des toilettes de leur loge, et regardant dans le miroir son pantalon noir, il se tourna pour scruter le reflet de son arrière-train.

Quand ils étaient sortis de scène, quelques minutes auparavant, Bill n'avait pas senti que quelque chose clochait. Comme d'habitude, ils avaient été tous les quatre en sueur, leurs vêtements leur collant à la peau. Les puissants éclairages américains n'avaient pas manqué pas comme à leur habitude de faire couler son maquillage.

Mais quand la chaleur était retombée, cette sensation désagréable entre ses cuisses était restée, et il lui avait fallu s'éclipser dans les toilettes loin du regard du groupe et de leur équipe technique dans la loge pour voir l'étendue des dégâts. Or, il était content d'avoir un pantalon noir et épais. Il tiendrait sûrement jusqu'à l'hôtel.

Ayant fini son inspection, Bill se mordit les lèvres, inspectant son visage dans la glace.

En plus de ses saignements, il avait également une légère douleur diffuse au niveau de son bas-ventre. Tout cela combiné commençait à l'inquiéter. Quel genre d'infection pouvait entraîner de tels symptômes ?

Il avait été voir un médecin au mois de juillet, lui expliquant qu'il avait parfois mal au ventre, et il lui avait avoué qu'il lui arrivait de saigner par son orifice le plus intime. Néanmoins, comme cela n'avait été qu'épisodique, le médecin en avait conclu qu'il ne pouvait s'agir que d'une légère fissure ou d'hémorroïdes, ne jugeant même pas utile de faire une coloscopie qui nécessiterait une anesthésie.

Par précaution, le médecin avait tout de même procédé à des tests de MST, recherchant notamment des condylomes ou "crêtes de coq". Ceux-ci s'étaient bien entendus révélés négatifs. Bill rougit, baissant les yeux vers le lavabo avec gêne bien qu'il fût entièrement seul. Comment auraient-ils pu être positifs alors qu'il était encore vierge ?

Quoi qu'il en soit, ces saignements revenaient. Cela ne durait jamais longtemps, mais ils semblaient néanmoins s'intensifier et durer de plus en plus de temps à chaque fois, devenant de plus en plus gênants.

Se remémorant pensivement ses derniers repas en quête d'une possible intoxication alimentaire, Bill observa le lavabo de ses yeux délicatement dessinés de khôl.

Est-ce que ça pouvait être quelque chose d'autre ? De plus grave ? Il devrait peut-être aller revoir le médecin...

Sortant une brosse de son sac qu'il avait emmené avec lui, Bill se mit à recoiffer méthodiquement ses longs et jolis cheveux bruns, lissés mais légèrement bouffants, en s'aidant à nouveau du miroir.

Perdu dans ses réflexions, il sursauta quand la porte s'entrouvrit. Louchant imperceptiblement à cause d'une mèche lui tombant devant les yeux, ses pupilles se plongèrent immédiatement dans celles de l'intrus, et Bill rougit encore, se tortillant sur place en sentant une moiteur suspecte entre ses fesses. Il saignait toujours, et bien sûr, ça tombait mal.

- Hey, dit doucement Tom en refermant la porte derrière lui. Je pensais que tu avais disparu. Ça fait un bon quart d'heure que tu es là-dedans.

Bill sourit pour seule réponse, gêné par ses sensations, et Tom se rapprocha. Il tendit avec hésitation une main timide vers ses cheveux que le brun avait cessé de démêler pour les frôler. Le chanteur frémit délicieusement à la douce sensation mais se tendit néanmoins à son geste, son ventre se tordant un peu plus qu'il ne le faisait déjà, et ils se fixèrent, s'étudiant du regard.

Puis étouffant un rire gêné à ce simple contact alors que les doigts de Tom finissaient de glisser entre ses longues mèches, Bill se mordit les lèvres par réflexe, enlevant les dernières traces de gloss qui s'y trouvaient. Il secoua la tête pour seule réponse.

Retirant sa main, Tom se tortilla à son silence et croisa les bras, détournant le regard. Les choses avaient tellement changé entre eux depuis leur dernière tournée américaine et leur bref retour en Allemagne, au mois de juin. Le blond baissa les yeux vers le sol quelques secondes avant de les relever.

- On se voit dans ta chambre, ce soir, comme d'habitude ? lui demanda-t-il en un doux murmure.

Comme hier, avant-hier, le jour d'avant et en deçà, ils s'étaient réveillés ensemble et, chaudement pelotonnés l'un contre l'autre, s'étaient embrassés et câlinés, et bien entendu, ils s'étaient vus quasiment toute la journée. Bill et Tom se suivaient comme des ombres, et pourtant, ce n'était plus assez. Car si les deux frères avaient toujours agi ainsi toute leur vie l'un avec l'autre avec plus ou moins d'innocence, c'était devenu insuffisant pour les deux tourtereaux.

Ils étaient amoureux, et le besoin constant de l'autre qui existait déjà avant en était devenu presque douloureux.

Ils se rendaient compte que les sentiments avaient toujours été là, refoulés au plus profond d'eux-mêmes, et ce n'est qu'après de longs monologues et batailles intérieurs qu'ils en étaient arrivés chacun à la même conclusion. Les apparences et les substituts d'amour n'étaient rien en comparaison de ce qu'ils ressentaient vraiment.

L'amitié amoureuse et fraternelle avait mué vers un amour à l'état brut et passionnel sans pour autant perdre ce qu'il avait été. Après tout, aucun des deux ne pourraient jamais nier un jour qu'ils étaient frères.

Néanmoins, Bill espérait qu'ils deviendraient bien plus que cela.

Imitant Tom, il se mit également à admirer le sol, jouant avec la brosse dans ses mains, réfléchissant, quand leur manager, David, frappa à la porte, les faisant sursauter. Ils se raidirent en entendant sa voix.

- Hé les garçons, on repart à l'hôtel dans cinq minutes ! Dépêchez-vous !

Il sembla s'éloigner, et ils soufflèrent imperceptiblement. Ils ne faisaient rien de mal, mais ne pouvaient s'empêcher d'être constamment sur le qui-vive. Tom se tourna vers lui.

- Alors ?
- Je ne sais pas, répondit doucement Bill en haussant les épaules avant d'hésiter. Ce n'est peut-être pas prudent ?

Cela faisait des jours et des jours depuis qu'ils étaient aux Etats-Unis à faire leur tournée que Bill et Tom allaient systématiquement dormir dans la chambre de l'un ou de l'autre, s'y faufilant discrètement pendant la soirée. S'ils continuaient, est-ce que leurs amis et leur manager n'allaient pas finir par le remarquer et trouver cela suspect ?

- Juste pour un DVD ? le supplia Tom.

Bill secoua la tête, ne pouvant s'empêcher de sourire un petit peu. Avec Tom, ce n'était jamais juste pour un DVD. Même si son frère et lui aimaient regarder des films et des séries ensemble, il savait que ce n'était pas ce qui intéressait réellement son jumeau dernièrement, ni ce pourquoi le blond tenait absolument à revoir l'intégralité de Nip/Tuck avec lui depuis déjà deux mois.

En effet, depuis le jour où Bill avait embrassé Tom devant ce film de série Z dont il n'avait strictement aucun souvenir – bien trop occupé à embrasser son frère, les jumeaux ayant fini la soirée pelotonnés l'un contre l'autre sur le canapé, emmitouflés sous une couverture –, voir un film ou une série télévisée avait tourné en un doux rituel fait de baisers et de plus ou moins sages caresses. Des moments tendres et passionnés.

Les yeux de Bill se fermèrent un instant, se rappelant en boucle comment il avait osé pour la première fois laisser ses lèvres s'égarer et frôler peu à peu celles de Tom de vagues effleurements indécis. Il ne se lassait jamais d'y repenser. Rosissant légèrement, Bill piétina le sol, faisant danser ses épaules de nervosité.

- Je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée..., tenta-t-il.

Tom eut une adorable petite moue, et le maudissant intérieurement d'être aussi mignon, Bill se mordit les lèvres, sentant son c½ur s'affaisser dans sa poitrine en voyant la raison primer sur lui.

Il valait mieux attendre un peu. Avec un peu de chance, peut-être que le lendemain ses étranges saignements auraient cessé.

- Demain ? demanda timidement Bill.

Tom ne dit rien pendant quelques secondes, mais il finit par acquiescer à contrec½ur. C'était certainement plus raisonnable ainsi. Se tournant, il s'apprêtait à sortir, toussotant un 'ok' un peu déçu avec des yeux fuyants, quand Bill le retint par le bras avant qu'il ne touche la poignée de la porte.

- Attends !

Le blond se retourna, et avant qu'il ait eu le temps de demander 'quoi', les mains de Bill avaient doucement capturé son visage et le chanteur subitement collé à lui l'embrassait avec passion, ses lèvres assaillant les siennes d'un baiser avide.

Tom répondit avec empressement à cet assaut impatient et posa ses mains sur ses hanches. Il ne put se retenir de couiner légèrement dans sa bouche, déjà enivré au contact de leurs langues, mais quand ses doigts glissèrent vers le bas du dos de Bill, ce dernier se crispa, mal à l'aise. Détachant subitement leurs lèvres, il le lâcha et recula comme s'il s'était électrocuté.

- Pas ici, murmura-t-il en croisant ses propres mains fautives dans son dos en sueur.

Tom hocha la tête à regret, mais rassuré et ragaillardi par l'audace de son frère, il captura en un éclair son visage comme Bill l'avait fait pour l'embrasser avant de souffler entre deux petits bisous sur la bouche :

- Je t'attends dehors, ok ?
- Ok.

Tom l'embrassa encore, puis chuchota contre ses lèvres :

- Je t'aime.

Bill trembla quand les lèvres de son jumeau déposèrent encore quelques derniers baisers sur les siennes, toujours plus doux et tendres.

- Je sais, souffla le brun en souriant contre sa bouche. Moi aussi.

Oui, il le savait. Il n'avait aucun doute à présent sur le fait que Tom et lui étaient amoureux l'un de l'autre. Et même s'ils n'avaient guère poussé les choses plus loin depuis leur premier baiser, Bill savait qu'ils étaient très officiellement ensemble.

De là à savoir s'ils pourraient le rester, c'était une autre affaire. Le c½ur de Bill se serra. Il était conscient que c'était une des raisons qui les retenaient d'aller plus loin.

Car il deviendrait alors difficile de faire marche arrière.

Sortant Bill de sa transe, Tom finit par reculer de quelques pas et ouvrir la porte pour sortir de la pièce, le taquinant aux oreilles de toutes les autres personnes présentes dans la loge, discutant avec animation. Il lui fit un clin d'½il.

- Et dépêche-toi de te repoudrer le nez, diva.

Bill entendit quelques rires diffus de Natalie – leur maquilleuse – et Dunja – un autre de leurs managers – entre autres derrière Tom, et il tira la langue au jeune homme. Le blond disparut en s'esclaffant, ses yeux doux et rieurs posés sur lui, et une fois seul, le chanteur trépigna presque sur place. Il soupira. Il allait être très dur pour lui d'attendre jusqu'à ce qu'ils soient à nouveau seuls.

Il se regarda encore une fois dans le miroir, son expression fermée.

Il n'avait pas le choix de toute façon. Ils devaient être prudents, et puis...

Bill frissonna. En dehors du fait que Tom et lui se devaient d'être prudents, le brun ne voulait surtout pas qu'il découvre son étrange mal.

À suivre...

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# Posté le vendredi 19 décembre 2008 15:48

Modifié le samedi 21 mars 2009 11:48

Chapitre 2

Chapitre 2
Deux heures plus tard.

Cela devait bien faire une demi-heure depuis que Bill était entré dans la douche.

Laissant l'eau chaude couler sur son corps longiligne sans fin, le chanteur avait ses yeux fermés baissés vers le carrelage blanc, ses mains appuyées sur le mur. Ses cheveux directement placés sous le pommeau de douche semblaient ruisseler, le liquide emportant avec lui les larmes qu'il versait de temps à autre en reniflant, fixant les canalisations qui avaient aspiré un sang sombre quelques minutes plus tôt.

Bill était complètement effrayé. Cela n'avait jamais saigné autant, et il avait eu beau se laver encore et encore, le sang coulait toujours, même si cela restait infime. De plus, son ventre était douloureux comme s'il avait un début de gastroentérite.

Il arrêta l'eau, et le sortant de ses pensées, de petits coups se firent entendre à la porte, lui faisant brusquement relever la tête. Surpris, il passa ses mains sur son visage, et après avoir dégagé ses cheveux en arrière, il sortit de la douche. Agrippant une longue serviette blanche, il la noua autour de sa taille et trottina de petits pas hors de la salle de bains.

Bien qu'il eût une idée sur l'identité de la personne qui avait toqué à sa porte, il jeta par précaution un coup d'½il à travers le judas. Il tomba nez à nez avec le visage d'un jeune homme aux longues dreadlocks blondes qui fixait nerveusement la porte de ses grands yeux marron, son petit nez retroussé adorablement grossi à travers la petite lunette.

Sentant son c½ur s'accélérer bêtement, Bill gloussa et oubliant ses précédentes larmes, il ouvrit avec empressement la porte. Barrant l'entrée de son bras, sa main tenait la poignée, crispée de nervosité joyeuse à la vue du jeune homme. Celui-ci était à croquer, sentant une agréable odeur de gel douche frais, et Bill se retint de lui sauter dessus en plein couloir. Sous son large tee-shirt et son pantalon, sa peau devait être douce et délicieuse au toucher.

Relevant la tête vers lui, Tom nota immédiatement ses yeux rougis.

- Tu as pleuré ?
- Non, c'est juste la douche, mentit Bill en essuyant ses yeux et ses joues des larmes et des gouttes d'eau mélangées qui y glissaient encore. Qu'est-ce que tu fais là ?

Ne semblant pas entendre sa question, Tom fixa son torse ruisselant de petites gouttelettes, et il déglutit, remarquant la serviette de son jumeau très approximativement enroulée autour de ses hanches.

- Depuis quand tu ouvres ta porte aux inconnus en pleine nuit dans cette tenue ? demanda-t-il d'un ton empli de sidération affolée.
- Depuis que tu as pris l'habitude de venir y frapper, peut-être ? hésita Bill en frottant nerveusement son épaule de sa main libre, soudainement conscient de sa quasi-nudité. De toute façon, qui ça aurait pu être à part toi ?

Un courant d'air circulait entre le couloir et sa chambre, et sa peau humide avait légèrement la chair de poule, faisant durcir les tétons du jeune homme. Tom détourna le regard un instant, gêné. Son frère était soit complètement inconscient, soit il tenait vraiment à se faire agresser.

- Je sais pas, une fan hystérique ? s'étouffa le blond d'un rire incertain et inquiet. N'importe qui pourrait te sauter dessus et tu ne saurais même pas te défendre.

Ils se fixèrent un instant, et à la grande satisfaction du guitariste, Bill rougit comme une tomate.

- Je sais me défendre, marmonna-t-il en posant un poing sur sa hanche.

Cette fois-ci, Tom ne détourna pas le regard, et se sentant subitement audacieux, il le détailla de haut en bas, tentant un sourire timide.

- Et si c'était moi qui te sautais dessus ? chuchota-t-il.

Bill resta un instant interdit, puis baissant la tête, il se tortilla inconfortablement, ses mèches de cheveux mouillés faisant tomber quelques gouttes d'eau sur la moquette de l'hôtel. Ses joues et oreilles étaient écarlates. Il se sentait toujours plus nu sous le regard du blond, telle une petite proie convoitée avec envie, et son ventre se tordit délicieusement, allégeant la douleur qu'il ressentait.

Tom se gratta la nuque, un peu embarrassé face à son silence.

- On devrait pas rester sur le pallier. Tu me laisses entrer ? demanda-t-il avec espoir.

Bill secoua la tête, ses yeux légèrement fuyants lui jetant de rapides coups d'oeil. Il aurait bien aimé le faire entrer mais... ils avaient un accord.

- Tu n'étais pas censé venir.

Tom croisa les bras et sourit en coin.

- Hier, tu m'as dit demain. Or, on est demain.

Il tendit son bras, poing fermé, et il fallut quelques secondes à Bill avant de comprendre. Agrippant son poignet, il lut l'heure que le cadran indiquait.

Une heure du matin.

Levant les yeux au ciel, Bill grogna en relâchant sa main et secoua la tête.

- Tu sais ce que je voulais dire par demain.
- Personne ne le saura, chuchota-t-il.
- Je sais, le coupa Bill en regardant le couloir entièrement désert, mais...

Ses pupilles revinrent malgré elles sur Tom qui le fixait intensément, attendant sa décision. S'il venait à découvrir la principale raison pour laquelle Bill ne voulait pas qu'il reste...

- ... ce n'est pas une bonne idée, trancha le brun en le regardant de côté.

Tom parut décontenancé, et Bill se mordit les lèvres. Nul doute que son frère devait avoir du mal à comprendre ce refus, mais Bill ne pouvait faire autrement. Au-delà de la crainte immense qu'on découvre leur relation, il était extrêmement gêné et angoissé par ce qui lui arrivait, terrifié à l'idée que Tom se rende compte que quelque chose ne tournait pas rond chez lui.

Cependant, encore fallait-il trouver la volonté et le courage de le renvoyer dans sa chambre.

- Alors, à demain ? continua-t-il.

Tom le fixa d'yeux perdus, mais il finit par acquiescer. Lentement, il recula, s'éloignant progressivement, puis il se dirigea vers sa chambre.

Bill referma la porte, puis soupirant, s'appuya contre le mur, sa tête venant se cogner répétitivement sur celui-ci. Il se maudit et posant ses mains sur son visage, il s'immobilisa, ses pensées filant à vive allure.

Il était stupide, stupide, stupide.

Quelques secondes passèrent, puis en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Bill rouvrait sa porte, se précipitant dans le couloir, ses pieds nus courant sans bruit sur la moquette. Il s'arrêta devant la chambre de son frère, et son c½ur tambourinant dans sa poitrine, il toqua vivement.

La porte s'ouvrit presque immédiatement, dévoilant un joli blond torse nu et en caleçon. Bill sourit timidement.

- Tu ne devrais pas ouvrir ta porte dans cette tenue aux inconnus, l'imita-t-il. On pourrait te sauter dessus.
- Ça ne me dérange pas, répondit-il à voix basse avant de sourire en coin. J'aime les groupies, surtout les jolies brunes.

Bill gloussa avec embarras, se retenant de lever les yeux au ciel. Il chercha à lui donner une fausse claque, mais son souffle se coupa lorsque Tom attrapa sa main au vol, l'attirant à l'intérieur. En moins de deux, le blond avait refermé la porte et l'avait plaqué sur le mur, ses lèvres s'abattant sur les siennes.

Etouffant ses protestations d'un baiser enflammé, Tom se frottait contre lui, se collant au plus près de son corps, et Bill frissonna dans ces bras qui l'emprisonnaient de leur carrure plus grande que la sienne.

Il répondit avec ardeur au baiser, couinant contre ses lèvres et entourant son cou de ses bras. Son ventre lui faisait encore mal, mais il en avait presque oublié la douleur, trop captivé par les sensations que lui procuraient les mains de Tom qui se baladaient sur son dos, le caressant avec ferveur.

- Hm, Bill, vibra d'excitation la voix du blond contre sa bouche.

Enserrant un peu plus sa taille, le blond finit par quitter ses lèvres pour embrasser goulûment sa mâchoire et son cou, et frissonnant en entendant son frère gémir encore plusieurs fois son prénom, Bill tourna la tête vers le lit de la chambre d'hôtel. Les draps de celui-ci étaient défaits, Tom ayant visiblement été sur le point de se coucher quand Bill était arrivé.

Le brun déglutit, tremblant et haletant tandis que leurs bassins se frottaient, le caleçon de Tom glissant contre sa serviette. Cela avait peut-être été une mauvaise idée de se lancer ainsi dévêtu à la poursuite de son frère.

Même s'il ne le sentait pas beaucoup à travers l'épais coton, il savait qu'ils étaient tous les deux excités, et quand les doigts de Tom descendirent sur sa cuisse pour ensuite remonter sous sa serviette, caressant sa peau, Bill se tendit et la stoppa d'un geste rapide, posant sa main sur la sienne à travers le tissu.

- Tomi, arrête.

Les lèvres de Tom laissèrent une trace mouillée sur sa gorge, venant embrasser son menton avant de se reposer sur sa bouche.

- J'ai tellement envie de toi, Bill. Tellement.

Ils s'étaient déjà touchés, se soulageant avec leurs mains, mais ils n'avaient encore jamais parlé d'aller plus loin, et troublé, Bill frémit en répondant à son baiser bien que la température de la chambre lui parût monter de plusieurs degrés, faisant rougir ses joues.

- Arrête, couina-t-il encore.
- J'arrête, promit Tom avant de l'embrasser à nouveau.

Ses mains glissèrent à nouveau sagement sur ses hanches, frôlant l'orée de la serviette, et celle-ci tomba malencontreusement à terre. Bill gémit dans le baiser, un peu paniqué, et il se décolla du mur, cherchant à se baisser pour la récupérer, ses bras ballants se tendant vers le sol. Ils s'étaient vus nus des centaines, des milliers de fois peut-être même, ils s'étaient caressés, mais ils ne s'étaient encore jamais retrouvés nus, collés l'un contre l'autre, excités par le corps de l'autre, et la seule perspective l'angoissait autant qu'elle le faisait frissonner.

Tom l'en empêcha néanmoins, enserrant sa taille pour qu'il reste contre lui et les déplaçant dans la pièce en reculant. Bill serra ses bras de ses mains.

- Tom..., trembla-t-il.
- Laisse ça. Tu es beau, tu es tellement magnifique, susurra timidement Tom à voix basse entre de petits baisers. Tu es parfait.

Bill eut un rire nerveux et tourna la tête. Il savait que son jumeau le pensait réellement, et c'était grisant. Néanmoins, c'était également effrayant et intimidant, car Bill avait du mal à se sentir à la hauteur de ses espérances.

En effet, malgré les apparences, le jeune chanteur doutait constamment de son physique. D'ailleurs, s'il ne portait pas son précieux maquillage, il se trouvait tout simplement horrible. Quant à son corps, personne à part Tom ne l'avait jamais un temps soit peu ainsi touché et désiré jusque-là. Il se trouvait gauche. Son corps fin arrivant même à contraster avec celui finement musclé de son propre jumeau. Il paraissait tellement ridicule à côté.

- C'est faux.
- Si, tu l'es. Tu es parfait pour moi.

Tom recula encore, entraînant Bill toujours plus près du lit avec le jeune homme dans ses bras. Le brun sentit de l'humidité entre ses fesses en marchant, se demandant si c'était la transpiration ou bien le sang qui en était responsable, et il se sentit sale.

- Je ne sais pas, murmura-t-il presque pour lui-même.

Sa respiration se coupa quand le fixant toujours, Tom prit une à une ses mains pour les poser sur ses hanches, l'obligeant mais l'aidant à baisser l'élastique. Rosissant, Bill détourna le regard lorsque Tom pencha la tête pour venir embrasser son épaule et son cou, le jeune homme posant à son tour ses mains sur sa taille. Après une courte hésitation, Bill fit glisser le sous-vêtement de son frère à terre, libérant son membre qui se tendit fièrement dans l'air.

Bill inspira nerveusement. C'était déjà presque trop pour lui, et pourtant, pas assez à la fois. Il avait autant envie de fuir que de se jeter corps et âme dans les bras de Tom.

- Tomi, je...
- Tu veux vraiment arrêter ? murmura Tom en arrêtant avec incertitude ses baisers sur sa peau.

Le brun posa une main sur le torse de Tom, comme s'il était prêt à le repousser. Là-dessous, un c½ur battait à une vitesse folle, peut-être encore plus rapidement que le sien, et surpris, Bill releva lentement la tête. Tom avait aussi peur que lui et appréhendait visiblement sa réponse. Troublé, Bill secoua légèrement la tête après un moment de flottement.

- Je ne sais pas, répéta-t-il encore une fois.

Tom resta immobile quelques secondes, ses mains devenant moites sur les hanches de Bill, puis lentement, ouvrant un peu plus sa bouche, le blond recommença à happer son épaule de baisers, sa langue s'attardant pour lécher la peau. Il remonta encore plus lentement vers son cou, le suçotant sensuellement. Sa respiration à peine perceptible était hachée, tremblotante, grelottante de plaisir et d'anxiété, et le souffle de Bill se coupa.

Il posa une main hésitante sur le sommet de son crâne, caressant ses dreadlocks, tandis que l'autre s'agrippait à son épaule. Il pouvait sentir les doigts de Tom glisser vers le creux de son dos.

- Juste... un peu plus, plaida Tom en bafouillant.

Bill gémit légèrement pour seule réponse, et quand Tom le fit pivoter vers le lit, l'incitant à s'allonger, leurs regards se croisèrent, à la fois excités et appréhensifs.

Serrant ses jambes, Bill se glissa gauchement dans les draps, ne quittant pas une seule fois les yeux de Tom, et quand le jeune homme le rejoignit, s'allongeant sur lui avant de rabattre les draps sur eux, le souffle de Bill se coupa. Leurs corps étaient brûlants, le contact doux et chaud de leurs peaux le rassurant et l'apeurant à la fois. Ils étaient proches, si proches, mais pas encore assez, leurs c½urs à la limite d'imploser.

- Juste... un peu alors, répéta Bill après lui pour se rassurer.

Tom acquiesça. Leurs respirations étaient saccadées, tremblotantes, et le blond ne tarda pas à emballer un peu plus leurs c½urs en se penchant pour venir tendrement embrasser ses lèvres de lents et passionnés baisers.

Les cuisses de Tom capturaient les siennes, et son bassin collé au sien, leurs membres tendus se frottaient délicieusement de temps à autre.

Bill gémit. Il était sur un petit paradis, ayant déjà oublié le sang qui s'écoulait probablement de son orifice quand Tom se mit à déposer de petits bisous sur son nez, sa bouche errant sur son visage avant de s'attaquer à son cou. Néanmoins, il rouvrit des yeux inquiets quand les lèvres de Tom embrassèrent son torse, sa langue s'amusant à lécher et sa bouche à suçoter l'un après l'autre les deux petits bouts de chairs qui pointaient sous l'excitation.

Caressant ses côtes, la main de Tom errait toujours plus bas, et une des cuisses de Tom cherchait à présent à écarter ses jambes.

Bill se crispa un quart de seconde quand il sentit des doigts envelopper son sexe gonflé par le désir, puis se tendit à la fois de plaisir et de stress quand Tom entama quelques lents va-et-vient expérimentaux dessus.

- Détends-toi, souffla Tom en se rallongeant contre lui, légèrement sur le côté.

Découvrant un peu les couvertures de son coude, sa tête posée sur l'épaule de Bill, Tom regardait ce qu'il faisait, s'appliquant à toucher de caresses douces et cadencées son membre de ses longs et fins doigts, exerçant une pression plus qu'agréable à sa base. Son propre sexe frottait contre son ventre, glissant sur l'étoile du chanteur.

Ils haletaient tous deux devant leur spectacle de débauche, jusqu'à ce que Tom relève la tête, cherchant les lèvres de Bill. Leurs yeux s'observèrent, drogués par leurs préliminaires, et quand leurs lèvres se rencontrèrent, c'est avec passion que Bill répondit à son baiser, sa main venant caresser sa mâchoire.

Devant son enthousiasme, les doigts de Tom accélérèrent, faisant gémir Bill, puis ils vinrent masser avec ardeur les bourses durcies, les capturant dans la paume de sa main. Bill couina plus fort, et par réflexe, il écarta les jambes pour lui donner un meilleur accès.

- Hm, Tomi !

Tom gémit pour seule réponse, se frottant un peu plus contre lui, son membre dressé presque douloureux d'être ainsi délaissé devant une si jolie créature aussi aimée qu'excitante.

Rendu audacieux par les réactions de Bill, ses doigts glissèrent légèrement au-delà de ses testicules, cherchant quelque chose d'encore plus intime, et cette fois-ci, Bill paniqua. Il ne pouvait pas le toucher là alors que du sang y perlait encore.

Attrapant son poignet, il l'obligea à retirer sa main.

- Non ! s'écria-t-il en détachant leurs lèvres.

Ils étaient tous les deux haletants, en sueur, excités et frustrés. Tom avait l'air totalement hébété par cet arrêt soudain, et baissant la tête, il bafouilla un 'désolé', contrit d'avoir ainsi voulu accélérer les choses. Il avait la sensation de mal s'y prendre. Il n'avait que peu d'expérience, et aucune avec un homme, d'où ses petites recherches sur Internet. Néanmoins, Bill ne semblait pas prêt à une pénétration, quelle qu'elle soit. Sa réponse ne l'en surprit que plus.

- Pas ça. Fais-le, mais ne me touche pas là.

À ces mots, Tom releva subitement la tête.

- Hein ?

Bill se mordit les lèvres, conscient qu'il devenait plus rouge qu'une pivoine.

- Prends-moi, murmura-t-il.

Tom cligna des yeux, ses bras tremblants alors qu'il se redressait, puis réalisant ce qu'il lui disait, il bégaya stupidement.

- Tu en es sûr ?

Bill acquiesça, bien qu'il n'en fût pas sûr du tout. Il avait répondu impulsivement, empli de crainte à l'idée que Tom touche ce sang, et tout aussi empli de crainte à l'idée que son frère n'interprète mal son rejet. De toute façon, ils pouvaient bien essayer ? Bill souffla nerveusement. Il savait qu'il était prêt, et s'il ne l'était pas, il savait qu'il pourrait toujours dire non et que son frère comprendrait.

Tom rougit et dit tout bas, un peu gauchement.

- Oh... Attends alors.

Laissant Bill tremblant se recroqueviller légèrement, il se décala sur le lit en rampant et sortant de l'autre côté, il se leva, dévoilant son échine. Il s'accroupit ensuite devant sa valise, seules ses dreadlocks restant visibles du lit.

Bill ramena à lui en rosissant les draps que Tom avait manqué d'embarquer avec lui, et il jeta un coup d'½il stressé sous le drap, écartant légèrement les jambes. L'intérieur de ses cuisses était un peu taché, sans plus, mais assez pour qu'il ne se sente pas totalement à l'aise.

Tom se redressa et Bill rabaissa promptement le drap contre lui, se tendant. Le blond remarqua son stress, mais ne fit pas de remarque, ses yeux fixant tout sauf son frère. Après tout, lui aussi était dans tous ses états bien que d'apparence plus calme. Il avança à genoux sur le lit et s'asseyant sur le côté, face à lui, il leva son petit pot de lubrifiant, à la fois fier et intimidé.

- Commandé sur Internet avec la carte bleue de Georg, lui expliqua-t-il avec un gloussement nerveux.

Se sentant rougir en lisant les inscriptions sur l'objet, Bill rit doucement, et lui prenant la petite boîte des mains, il la dévissa et la posa sur le lit. Ils fixèrent la matière transparente visqueuse, et tandis qu'il en prenait une petite quantité du bout de ses doigts et l'étalait dessus en les frottant, le chanteur murmura, un peu perplexe :

- Il en faut combien à ton avis ?

Tom haussa les épaules, se rapprocha avec intérêt quand Bill tendit la main vers son membre, et haleta lorsqu'il le toucha enfin. Il se sentit durcir complètement sous ses caresses – Bill étalant consciencieusement le gel –, et il se pencha jusqu'à embrasser son épaule.

- Plus ? demanda timidement Bill en sentant les doigts de Tom parcourir son torse.

Tom gémit un petit 'oui' contre sa peau pour seule réponse, et Bill eut un petit rire gêné. Il lui remit encore plus de gel, l'étalant cette fois-ci plus sommairement, et il laissa Tom l'allonger, le jeune homme se faufilant à nouveau sous les draps et s'installant au-dessus de lui.

Ils se regardèrent et expirèrent nerveusement, leurs torses se frottant. Tom embrassa son nez puis sa bouche, et alors que Bill écartait les jambes avec concentration pour le laisser se glisser entre ses cuisses, le blond fut pris d'un doute.

- Je ne devrais pas te préparer aussi ? dit-il avec gêne.

Il n'avait bien sûr jamais fait cela auparavant, et était un peu anxieux à l'idée d'avoir à le faire. Mais il était aussi curieux...

Bill le regarda d'un air perplexe, puis il répondit vite par la négative en réalisant de quoi il parlait, semblant un peu affolé à la perspective d'un tel attouchement.

- Ça ira !
- Mais, je vais te faire mal sans, non ?
- Je ne pense pas, avec tout ce gel, rit nerveusement Bill.
- On ne sait pas s'il y en a assez, répliqua le blond.
- Tomi, je crois que la moitié du pot y est passée, avoua-t-il piteusement avant de rougir. Et puis, je crois que je suis trop nerveux pour que tu me touches... là.

Tom soupira, et prit néanmoins un peu plus de gel avant de reposer le pot sur la table de chevet. Et quand sa main enduite de gel disparut sous le drap, Bill se crispa. Il manqua de crier par anticipation, craignant que son frère ne le fasse tout de même. Cependant, il comprit vite que Tom se l'appliquait à lui-même.

- Si tu ne veux pas, je ne vais pas te forcer, lui expliqua-t-il doucement en voyant son trouble. Mais je ne tiens pas à te faire mal...

Acquiesçant, Bill eut un petit sourire encourageant, et il entoura ses larges épaules de ses bras, l'attirant tout contre lui. Leurs yeux se rencontrèrent, et ils frémirent à nouveau, réalisant ce qu'ils s'apprêtaient à faire.

- ... et si tu veux arrêter, je veux dire..., bredouilla Tom.
- Tu ne vas pas me faire mal, les rassura-t-il tous deux en secouant la tête. Et je ne t'arrêterai pas.

Il ne voulait plus faire marche arrière, mais il tremblait néanmoins, et Tom l'embrassa sur le nez.

- Ça va aller, détends-toi.

Le brun sentit que Tom se dirigeait un peu à l'aveuglette, celui-ci se mordant les lèvres d'un air concentré, et ils sursautèrent quand le gland de son pénis effleura l'orifice du brun. Il le pénétra un peu, et Bill se crispa, le membre du blond ressortant légèrement. Leurs souffles se coupèrent et ils se regardèrent un instant, Bill ayant l'air désolé mais surtout effrayé. Tom secoua légèrement la tête, puis se penchant, il l'embrassa encore, murmurant entre ses baisers pour le rassurer :

- Calme-toi, on va y aller doucement.

Bill acquiesça, cherchant à se convaincre lui-même, puis le surprenant, Tom s'appuya un peu plus contre lui. Il passa un bras sous sa cuisse pour la replier en l'air, le surélevant ainsi légèrement, et écarta au mieux ses fesses, les draps se déformant. Puis lentement, avec douceur, il poussa à nouveau, le pénétrant peu à peu entièrement.

Grimaçant un peu et s'arquant contre lui, Bill ouvrit la bouche pour crier, mais aucun son n'en sortit.

Le brun avait essayé de se détendre, pourtant il n'avait rien pu faire lorsqu'une sensation de brûlure, à la fois satisfaisante et douloureuse l'avait envahi. Malgré tout, Tom était entré en lui plutôt facilement, et cela ne faisait pas plus mal que la douleur lancinante qui n'avait pas quitté son ventre de la journée.

Bill geignit enfin plaintivement, et au-dessus de lui, Tom grogna de plaisir, ses yeux fermés alors qu'il se léchait par tic les lèvres. C'était trop bon, et tout ce qu'il ressentait lui paraissait décuplé, physiquement mais aussi mentalement. C'était la première fois qu'il n'utilisait pas de préservatif, et la première fois qu'il ne faisait qu'un avec la personne qu'il aimait le plus au monde. En somme, c'était la première fois qu'il faisait réellement l'amour, et c'était juste divin.

- Oh mon dieu, Bill.

Haletant, Tom rouvrit ses paupières et chercha les yeux de celui qu'il pouvait à présent clamer être son amant. Souriant de soulagement en rencontrant ses yeux brillants qui semblaient avoir une entière confiance en lui, il déposa ses lèvres sur les siennes.

Toujours grimaçant, Bill répondit néanmoins avidement à son baiser rassurant, et il poussa un cri que la bouche de Tom étouffa quand le jeune homme entama avec un peu trop d'enthousiasme un va-et-vient doux mais maladroit qui lui brûla son antre étroit.

Reculant, Tom souffla un 'désolé' inquiet, et incertain de bien s'y prendre, il s'interrompit dans son élan, leurs yeux se rencontrant. Ils étaient déjà en sueur.

- Je te fais mal ? Tu veux arrêter ?

Rougissant, le brun ne dit rien et secoua la tête, écartant et relevant même un peu plus ses deux jambes tremblantes. Il en était sûr à présent, il ne voulait plus que Tom s'arrête. Il voulait qu'ils fassent l'amour, ils n'avaient que trop attendu.

Bill le regarda encore, ses yeux laissant passer son message silencieux, et il leva la tête, ses lèvres cherchant celles de Tom. Ce dernier y répondit avec hâte et tendresse pour le rassurer, puis il recommença à bouger avec précaution au bout d'un instant.

Au deuxième va-et-vient, le brun couina encore et sentit ses yeux lui piquer alors qu'il essayait de se détendre, mais eut un gémissement surpris et curieux quand Tom se retira. Les lèvres du blond quittèrent les siennes pour se coller dans son cou, Tom haletant contre sa peau alors qu'il recommençait un autre mouvement, roulant légèrement son bassin pour trouver un meilleur angle, attentif aux réactions de son jumeau. Il caressait les hanches du chanteur, et c'était assez pour le rassurer.

Et lorsque le troisième va-et-vient arriva, plus assuré dans cette moiteur exquise à présent lubrifiée par plus d'une substance, Bill se tut, haletant seulement de plus en plus fort aux sensations. Ses yeux toujours fermés, il tourna la tête.

Totalement en sueur, son corps était offert sous son frère, son jumeau, son amant, et celui-ci allait et venait de plus en plus vite en lui, se perdant totalement dans ses sensations. Il se frottait contre son corps, le pénétrant à présent sans relâche, couinant et gémissant de plus en plus fort à son oreille.

S'agrippant aux épaules de Tom, Bill se mordit les lèvres. Il s'était détendu sous les nouvelles sensations qui se mélangeaient peu à peu la douleur première, sentant le plaisir monter graduellement en lui. Il ouvrit la bouche, commençant à gémir doucement et caressant doucement le dos du blond en guise d'encouragements.

Il aurait bien voulu rester ainsi pendant des heures à se faire prendre ainsi, étonné de voir comment donner du plaisir à l'autre pouvait procurer autant de satisfaction. Cependant, Tom sembla en décider autrement, accélérant encore un peu plus en s'appuyant complètement sur lui.

- Hm, Bill... Hm, ah !

Bill geignit à ses derniers soubresauts, et Tom se tendit légèrement, s'immobilisant.

Incertain de l'avoir senti, le brun savait néanmoins qu'il avait joui à l'intérieur de lui. Il soupira, inexplicablement soulagé et frustré à la fois, et un sentiment de désespoir l'envahit lorsque Tom glissa hors de lui, lui arrachant un gémissement plaintif. Leurs voix se mélangèrent.

- Tu n'as pas..., s'interrompit Tom en baissant légèrement des yeux honteux vers son ventre immaculé. Attends...
- C'est pas grave, parvint à murmurer Bill. Je...

Il ne savait pas pourquoi, mais les larmes lui montaient aux yeux, et il se mordit les lèvres quand Tom tâtonna jusqu'à poser sa main sur son membre qui bandait toujours pour le pomper rapidement et vigoureusement.

Le souffle de Bill se coupa et son corps se contracta à nouveau, se tortillant sous son toucher. Tom se mit à tendrement embrasser et lécher son torse. Bill leva son bassin sous ses caresses, et il étouffa un cri après quelques dizaines de secondes. Il se tendit, yeux fermés, et un long jet vint tacher son torse, suivi d'un autre moins spectaculaire qui s'étala sur son ventre.

Soulagé, Tom se rapprocha et remontant légèrement pour être nez à nez avec lui, ses longues dreadlocks tombant sur les épaules de Bill, il le fixa en souriant coquinement, ses yeux brillants.

- Mieux ?

Caressant ses cheveux toujours légèrement humides de la douche, il attendit que Bill rouvre les yeux. Tom fut surpris d'y voir des larmes, et décontenancé, il bredouilla :

- Bill ?

Ledit Bill renifla, frottant son nez du dos de sa main, et Tom perdit le peu de confiance qu'il avait gagné en lui faisant l'amour.

- C'est rien.... C'est juste que j'ai rêvé de cet instant tellement de fois, et je...

Bill s'interrompit, incapable de dire autre chose et ne sachant de toute façon ce qu'il voulait dire exactement par là. Ils s'observèrent un moment en silence, reprenant leurs souffles et leurs esprits, et Tom sourit timidement à son trop-plein d'émotions, se confessant à son tour sans réellement comprendre ce qu'avait voulu dire Bill.

- Moi aussi, Bill. Moi aussi...

Caressant doucement son bras puis le prenant dans les siens avec force, il se pencha et l'embrassa lentement. Ravalant ses larmes, Bill répondit désespérément en s'accrochant à lui pour se rassurer, et Tom tendit la main pour éteindre l'interrupteur, les plongeant dans le noir.

Plus aucun mot ne fut prononcé, les deux jeunes hommes s'apaisant de doux baisers et caresses. Bercés par leurs câlins et lovés l'un contre l'autre, ils ne tardèrent point à se détendre et Bill sourit timidement contre les lèvres de Tom, oubliant le sang qui, mélangé à d'autres fluides, souillait encore les draps.

Alors que son frère sombrait dans le sommeil, Bill resserra ses bras autour de la taille de Tom, ses yeux grands ouverts dans le noir rivés vers ce visage qu'il devinait, vers ce souffle calme qu'il sentait contre sa peau frissonnante. Son c½ur battait encore à vive allure, comme affolé par ce qu'il venait de vivre.

Pour l'instant, il avait tout oublié des affres de la réalité. Il n'était pas avec son frère, avec son jumeau. Il était avec un homme, l'homme qu'il aimait et qui l'aimait.

Avec l'homme qui venait de le faire à jamais sien.

À suivre...

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# Posté le mardi 23 décembre 2008 11:53

Modifié le lundi 14 septembre 2009 18:26

Chapitre 3

Chapitre 3
Grognant, Tom se tourna dans le lit quand il sentit quelque chose bouger à côté de lui. Dans son demi-sommeil, il décida qu'il était bien trop tôt pour se réveiller, et cherchant à se rendormir, il enfouit son visage dans le coussin, tournant le dos à l'intrus, quel qu'il fût.

La personne assise s'immobilisa en percevant son mouvement, examinant attentivement le fin dos dénudé de la masse endormie. Sa main frôla son bras, hésitant à le toucher, puis baissant les yeux vers les draps et sa propre entrejambe, elle déglutit, manquant de s'étrangler en remarquant soudainement quelque chose, puis elle jura sous cape.

Inconsciemment, Tom marmonna un 'Bill' dans son sommeil, son érection matinale se frottant sur le matelas, et pivotant brusquement la tête vers lui, la personne se figea, fixant à nouveau l'endormi dont les longues dreadlocks entièrement détachées semblaient envahir le lit.

Soupirant de soulagement en constatant qu'il dormait toujours, elle quitta doucement mais rapidement le lit de peur de le réveiller, puis trotta gauchement vers la salle de bains pour prendre une douche, manquant de trébucher sur une serviette blanche au passage.

Quelques gros mots bougons fusèrent dans l'air, et la porte de la salle de bains claqua, réveillant brusquement Tom. Celui-ci leva de petits yeux hagards. Sa vue encore brouillée, il regarda tout autour de lui, puis se tournant sur le dos, il chercha la présence de son frère, se remémorant peu à peu la nuit passée. Craignant un instant que Bill ne soit reparti dans sa chambre, il sourit en entendant la douche couler.

Frottant son visage, le blond se redressa et s'étira, bâillant bruyamment, et alors qu'il s'apprêtait à sortir pour aller rejoindre son jumeau sous la douche, son regard fut attiré par une tache sur le lit. Intrigué, il fronça les sourcils et repoussa les couvertures. Ses yeux s'écarquillèrent avec effroi.

En plus du sperme qui avait séché sur les draps, il y avait du sang, de grosses taches rougeâtres et brunâtres à divers endroits du lit, là où Bill était allongé quelques instants auparavant. Là où Tom et lui avaient fait l'amour.

Il repoussa encore un peu plus les draps, et vit avec horreur son sexe au repos également recouvert de sang séché. Il se pétrifia en réalisant ce que cela signifiait. C'était lui. C'était lui qui avait fait ça. Il avait blessé Bill sans même s'en rendre compte... et Bill ne lui avait rien dit !

Sentant son ventre se retourner, Tom bondit hors du lit, effrayé et sa respiration hachée. Son jumeau devait se sentir horriblement mal et lui en vouloir à mort. Et s'il n'était pas furieux, Tom l'était pour deux.

Il trébucha presque sur la serviette que Bill avait laissée échapper sur le sol la veille, et une fois devant la porte de la salle de bains qui était fermée à clef, il tambourina dessus à tout rompre, l'appelant désespérément :

- Bill, ouvre-moi ! Bill ! Ça va ?

L'eau de la douche continuait à s'écouler tapageusement contre les parois carrelées, et Tom n'était pas sûr que Bill puisse ou veuille l'entendre. Sentant des larmes rageuses lui picoter les yeux, le blond se mit à faire les cent pas, essayant de se rappeler le moment où il avait merdé. Il sursauta lorsqu'on frappa à la porte de la chambre.

Affolé, il baissa à nouveau les yeux sur ses parties génitales et ses cuisses maculées de sang séché, et il courut récupérer son caleçon de la veille qui gisait toujours sur le sol pour être un temps soit peu présentable devant ce qui devait sûrement être Georg, Gustav, ou au pire David.

- Oui, j'arrive ! Une minute !

Il l'enfila d'un mouvement rapide, l'ajustant au mieux, et après avoir sommairement vérifié que rien d'autre ne transparaissait sur lui, il ouvrit la porte en un coup de vent. C'était Georg. Celui-ci fit un pas en arrière, surpris par sa brusque apparition.

- Salut ! Bien dormi ? demanda le bassiste en haussant un sourcil.

Ramenant ses lourdes dreadlocks en arrière, Tom acquiesça, le regard fuyant et suant légèrement. Georg ne s'en formalisa pas, mais haussa tout de même un sourcil.

- Je peux entrer ? demanda-t-il d'un ton nonchalant. Je viens te prendre quelques DVD. C'est toi qui as la dernière saison de Nip/Tuck, non ?

L'air un peu perdu, Tom bredouilla :

- Euh, oui, attends, je vais te la chercher.

Il s'apprêtait à rabattre la porte quand le bassiste l'en empêcha, la coinçant en la repoussant d'une main. Il pencha la tête vers l'intérieur.

- Je peux entrer ? répéta-t-il patiemment. Tobias m'a dit de ne pas traîner dans les couloirs. Il paraît qu'il y a quatre ou cinq fans complètement hystériques qui errent dans l'hôtel à notre recherche.

Tom se mordit les lèvres, hésitant, et cette fois-ci, Georg fronça suspicieusement les sourcils, jetant des coups d'½il curieux et baladeurs dans la chambre.

- À moins que... je ne te dérange ?

Ses yeux toujours plus fuyants, Tom frictionna nerveusement son ventre quand Georg le dévisagea, craignant qu'une autre tache qu'il n'ait pas eu le temps de remarquer soit visible, et il se décala pour le laisser passer.

- Non, bien sûr que non, entre. Il y a vraiment des fans dans l'hôtel ? dit-il en fronçant les sourcils.
- Oui. Les gars de la sécurité sont toujours en train de les chercher, rigola Georg en entrant. Elles leur donnent du fil à retordre. Apparemment, elles sont là depuis hier soir à se cacher dans les couloirs. Le directeur de l'hôtel est totalement à cran et Tobias est en train de devenir complètement dingue.

Tom se frotta la nuque, un micro sourire étirant ses traits malgré sa panique. Quand Bill saurait ça, il y réfléchirait sûrement à deux fois à l'avenir avant d'ouvrir la porte aux inconnus en petite tenue. Néanmoins, le sourire du blond ne dura pas en resongeant à son frère, et refermant la porte, il baissa les yeux vers le sol, préoccupé.

Georg s'arrêta au milieu de la pièce, étonné d'entendre la douche couler, puis lui tournant le dos, il renifla l'air.

- Mais, il y a quelqu'un d'autre ici ? C'est Bill ?

Ayant oublié ce détail, Tom écarquilla des yeux affolés. Essayant de ne pas perdre son sang-froid alors qu'il devenait livide, il allait ouvrir la bouche pour bégayer un 'oui' le plus assuré possible quand sa gorge se noua brusquement. Les yeux de Georg venaient de tomber sur les draps défaits où les taches de sang étaient plus que visibles.

Merde, merde, merde. Il avait oublié de les remonter.

Cela rajouté à l'odeur de sexe qui flottait encore légèrement dans l'air, il était clairement dans le pétrin. Tétanisé de peur, Tom se tut, se frappant mentalement la tête. Il sentit la sueur couler dans son dos. Par sa faute, ils étaient à deux doigts de se faire prendre.

- Oh oh. Eh ben! Je vois que quelqu'un ne s'est pas ennuyé cette nuit, sourit en coin Georg en se retournant vers lui avant de chuchoter inutilement et de le pointer du doigt. Ne me dis pas, tu as ouvert la porte à une de ces fans, hein ?
- Je... Non, enfin, je...

Triturant nerveusement l'élastique de son caleçon, il n'arrivait pas à parler. De toute façon, Georg ne lui laissa pas le temps de répondre, la solution de l'énigme paraissant lui sauter aux yeux, claire comme de l'eau de roche.

- Je m'en doutais, gloussa-t-il. Méfie-toi quand même. Ces filles sont folles à lier. Elle pourrait continuer à nous suivre et à te harceler.
- Honnêtement, ça m'est égal, ne put s'empêcher de répondre Tom, dépassé par la situation.

Georg parut surpris par sa réponse, puis se rapprochant de lui, il jeta à nouveau un coup d'½il vers le lit et comme si la personne à l'intérieur de la salle de bains pouvait les entendre, il rajouta encore plus bas, curieux :

- Au fait, tu l'as dépucelée ou quoi ?

Tom secoua la tête, étrangement énervé par les mots du bassiste. Essayant de reprendre ses esprits, il se précipita pour aller remonter les draps, et sans réfléchir, il bégaya :

- Non, elle... avait ses règles.

Georg grimaça immédiatement.

- T'aime ça toi ?
- Je l'ai seulement remarqué ce matin, continua-t-il en se grattant la nuque, ignorant l'air dégoûté du bassiste.

Tom se dirigea vers sa valise et plongea la main dedans à la recherche du DVD. Il essayait de paraître calme, mais il était intérieurement bouleversé, et véritablement honteux. Bill avait certainement eu très mal, et lui ne s'était rendu compte de rien, strictement rien, et Georg était là, à l'interroger sur son "coup". En d'autres circonstances, il se serait pavané, en rajoutant des tonnes. Maintenant, même l'idée de mentir lui soulevait le c½ur. Bill valait infiniment plus que tout ça.

Etonné par sa réponse, Georg fronça les sourcils.

- Quand même, comment...

Agrippant le boîtier qu'il venait de trouver, Tom lui tendit, interrompant ses questions embarrassantes pour le mettre dehors.

- Voilà, tu l'as. Maintenant, sors.
- Quoi ? Tu ne me la présentes même pas ? le taquina Georg en prenant le package. Je veux voir à quoi elle ressemble. Si tu l'as même laissée passer toute la nuit avec toi, c'est qu'elle doit vraiment valoir le coup d'½il...

Mais voyant l'expression furieuse de Tom alors que celui-ci tentait de se contenir, Georg le dévisagea à nouveau, puis plus sérieusement, il termina :

- ... à moins qu'elle ne soit vraiment spéciale pour toi ?

Comme si elle l'avait entendu, la douche s'arrêta, et Georg tourna avec intérêt la tête vers la porte de la salle de bains. Tom devint livide, n'osant imaginer ce que Georg penserait s'il voyait Bill en sortir. Sans ménagement, il le poussa précipitamment vers la porte.

- Une autre fois ! Maintenant, dégage.

Se laissant raccompagner à reculons, clairement amusé par la situation, Georg ricana. Tom l'éjecta et lui claqua la porte au nez, agacé mais soulagé, puis il appuya son dos contre la porte. Portant ses mains à son visage, il ferma un instant les yeux, expirant longuement. Il tremblait comme une feuille. C'était officiellement le pire réveil de sa vie.

- Il est parti ? demanda une petite voix timide.

Tom virevolta au quart de tour. Appuyé à l'embrasure de la porte de la salle de bains, habillé du long peignoir de l'hôtel, Bill le regardait anxieusement, ses bras croisés entourant de manière protectrice sa frêle silhouette. Ses yeux effarouchés fuirent ceux de Tom lorsqu'ils les rencontrèrent.

- Fais pas gaffe à ce qu'a dit Georg, dit-il hâtivement.
- Qu'est-ce qu'il a dit ?

Bill se tortillait sur place, mal à l'aise. Et Tom secoua la tête, se rapprochant avec précaution de Bill. Tremblant toujours plus, il déglutit et regarda ailleurs, ses yeux tombant sur le lit sommairement refait.

- Aucune importance. Juste des conneries, comme d'habitude. Il ne sait pas de quoi il parle.

Bill joua nerveusement avec la manche de son peignoir.

- Est-ce que... tu as vu...
- Oui, dit précipitamment Tom.

Leurs pupilles revinrent en même temps se poser sur l'autre et ils frissonnèrent.

- Je suis désolé, dirent-il en même temps.

Ils écarquillèrent tous deux les yeux, surpris, et ce fut Tom qui réagit le premier.

- Ça va ? demanda-t-il timidement.

Bill acquiesça, et le silence retomba, lourd, les deux jeunes hommes cherchant leurs mots. Le chanteur se mordit la lèvre, et au bout de ce qui leur parut une éternité, il se lança d'une voix douce.

- Tom, je...
- Bill, je suis vraiment désolé, le coupa immédiatement Tom, effondré en anticipant ce qu'il pourrait lui dire. Je n'ai pas réalisé que... je n'ai pas pensé... Je veux dire, tu as tous les droits de me détester.

Perdu, Bill cligna des yeux.

- Mais pourquoi, grimaça Tom, pourquoi tu ne m'as pas dit que je te faisais mal ?

Ses pupilles brillantes qui papillonnaient pour chasser quelques larmes gênantes montraient à quel point il était meurtri et déstabilisé, et Bill parut surpris, oubliant momentanément sa gêne pour le fixer de grands yeux perplexes. Bien sûr, il avait eu un peu mal, mais...

- ... hein ?

Le blond jeta un coup d'½il vers le lit, déglutissant pour ravaler un sanglot, et suivant son regard, Bill réalisa pourquoi Tom s'excusait. Il pensait certainement qu'il était responsable du sang qu'il avait trouvé.

- Oh... Mais non ! dit-il avec précipitation en secouant la tête et en agitant ses mains, écarquillant de plus belle les yeux en cherchant son regard. Ce n'est pas ce que tu penses, c'est juste... Oh mon dieu...

Comme son frère l'avait fait quelques minutes auparavant, Bill cacha son visage, rouge de honte, et Tom s'approcha de lui, cherchant une réponse. Se pinçant les lèvres pour ravaler les larmes dans ses yeux, il l'obligea à baisser ses mains, attendant qu'il continue.

- Dis-moi.

Bill secoua la tête, ses cheveux non lissés qui tombaient en cascade encadrant son beau visage, et surprenant Tom, il posa son front sur son épaule, étouffant un rire incrédule et stressé.

- Tom, tu ne m'as pas fait mal. En fait, j'aurais préféré que ça soit ça, je crois.

Surpris par sa réponse, Tom tourna la tête, son nez tombant sur une masse de cheveux noirs, et à moitié rassuré, il tenta d'enlacer Bill. Et quand celui-ci répondit timidement à son étreinte, le blond laissa échapper un petit rire soulagé, son c½ur battant à mille à l'heure.

Il le serra un peu plus fort, et Bill couina encore un rire gêné avant d'appuyer son nez contre son oreille, son ventre se tordant comme la veille. Passant une main dans ses cheveux, Tom en respira l'odeur pour se rassurer. Bill sentait si bon, tel un doux parfum enivrant les sens d'un mélange indescriptible de sensations.

- Mais le sang ? C'était quoi alors ? demanda-t-il en reculant légèrement.

Bill renifla, et se mordant anxieusement les lèvres, il se lança :

- J'ai quelque chose à t'avouer...

***

Un quart d'heure plus tard, ils étaient tous les deux assis sur le lit dont les draps avaient été grossièrement rabattus.

Ses jambes repliées en tailleur, Tom était tourné vers son frère dont les pieds frôlaient la moquette de la chambre, traçant des motifs invisibles dessus de ses orteils.

Ses bras posés au rebord du matelas, le jeune chanteur ne l'avait quasiment pas regardé depuis le début de ses explications. Sans marquer de pause, celui-ci avait tout raconté à son frère d'un ton monocorde, de ses tout premiers saignements aux conclusions du médecin. Et Tom avait des yeux pour le moins exorbités.

Se rappelant l'étrange comportement de Bill à certains événements passés, il se rendait compte que tout s'éclairait, tout concordait vu sous cet angle.

- Depuis... environ six mois ? Et tu ne m'as rien dit ? Rien du tout ?

Bill rougit, ramenant ses genoux sous son menton, et de ses bras, il enserra ses jambes repliées.

- J'avais trop honte. En plus, ça ne faisait pas vraiment mal et ce n'était qu'épisodique, donc j'ai tardé à m'en préoccuper.
- Et là, tu as mal ?

Bill secoua la tête, et comme Tom semblait hésiter à le croire, il lui réaffirma promptement ce qu'il lui avait déjà dit un peu plus tôt, rosissant :

- À part quelques maux de ventre, je ne sens rien de spécial. Je n'ai pas d'irritation... visible à part ce sang, hésita-t-il.
- Mais...
- Et ce n'est pas une MST, rajouta-t-il encore. Les tests se sont révélés négatifs. De toute façon, tu sais que je n'avais jamais... avant...

Bill se mordit les lèvres à l'évocation de leur nuit, et Tom acquiesça, posant sa main sur son bras pour le caresser et ne pouvant s'empêcher de sourire un peu. Rougissant à son toucher tendre, le chanteur continua plus bas.

- Ce que je veux dire, c'est que ce n'est rien de grave ni de contagieux selon le docteur, le rassura-t-il craintivement. Je n'aurais jamais pris le risque de te contaminer avec quoi que ce soit. Sinon, j'aurais tenu à ce qu'on mette un préservatif.

Fronçant les sourcils, Tom lâcha son bras.

- Je ne m'inquiète pas pour ça, s'insurgea-t-il presque à l'idée suggérée par son jumeau qu'il pensait peut-être seulement à sa petite personne. Mais Bill, c'est de ta santé qu'il s'agit ! Il faut qu'on sache ce que tu as. Tu ne peux pas continuer comme ça plus longtemps.

Frottant ses cheveux couleur de jais qui partaient encore dans tous les sens, Bill acquiesça en soupirant.

- Je sais.

Il détendit ses jambes dénudées jusqu'aux genoux, et détaillant ses pieds effilés, il défroissa le bas de son peignoir en l'époussetant de ses mains. Honteusement, il répéta encore une fois :

- Je suis quand même désolé. J'aurais dû te le dire avant.

Tom eut un petit rire, étonnant le brun, et il s'affala dos en arrière sur le lit, ses genoux glissant et retombant lourdement à la cassure du lit.

- C'est sûr que ça m'aurait évité un réveil tonitruant. Putain, Bill. J'ai failli avoir une crise cardiaque.
- Désolé, répéta encore Bill. En fait, on aurait peut-être dû attendre...

Il s'interrompit, se mordant pensivement les lèvres dans le doute, et sentant son hésitation, Tom tourna la tête vers lui, cherchant son regard.

- Tu... regrettes ?

Bill tourna la tête vers lui, baissant timidement ses yeux aux longs cils pour trifouiller le dessus de lit de ses doigts, juste à côté de la cuisse de Tom.

- Non, pas exactement mais...

Il avait été consentant, bien sûr. Cependant, il n'avait pas eu le temps de réfléchir clairement à ce qu'il faisait sur le moment, obnubilé et perturbé par les choses étranges qui se produisaient dans son corps.

Bill lui jeta un coup d'½il, et voyant le regard inquiet de son frère, il reformula son explication.

- Je veux dire, je le voulais, mais je ne le voyais pas aussi... précipité ? tenta-t-il, pas convaincu d'avoir trouvé le bon mot.

Rougissant comme une pivoine, Tom le fuit du regard, et Bill rosit également, baissant ses yeux par réflexe tandis qu'il continuait à triturer le dessus de lit avec acharnement, se sentant frustré.

Cela faisait à peine quelques heures qu'ils avaient fait l'amour, et pourtant, il ne savait pas comment se rapprocher de Tom, comme si une barrière était née de leur nouvelle proximité. Il se trouvait subitement bête et maladroit, n'osant faire le premier pas et toucher celui qui était à présent son amant.

Les choses avaient tellement changé entre eux, rendant leurs contacts plus gênés, gauches et timides. En somme, plus amoureux. C'était bon et douloureux à la fois, et surtout, totalement nouveau pour lui. Plus ils se rapprochaient, plus tout lui paraissait compliqué et effrayant.

- C'était peut-être un peu trop... rapide ? demanda honteusement le blond.

Bill secoua la tête. Il ressemblait à un coquelicot.

- Non, enfin... Je ne sais pas... Peut-être, finit-il par admettre tout de même.
- Désolé, s'excusa Tom d'une petite voix toujours confuse. Je crois que j'étais trop impatient.
- Je sais.

Tom sourit d'un air contrit et Bill eut un petit rire. Il sentait son c½ur se réchauffer et s'enflammer, inexplicablement rassuré après leur petite explication, et au bout de quelques tentatives, il osa le regarder. Le chanteur fut surpris de voir le jeune homme tirer timidement sur son peignoir, l'invitant silencieusement à s'allonger à côté de lui.

Le brun s'exécuta sans rien dire, s'installant tout près du jeune homme, son c½ur s'accélérant inutilement. L'air hésitant, Tom en profita néanmoins pour poser sa main sur sa taille et il se mit à la frotter à travers le peignoir. Bill le laissa faire, puis il agrippa nerveusement une de ses dreadlocks, effleurant son torse du bout des doigts. Sentant le regard de Tom fixé sur lui, il releva la tête après un instant, et leurs yeux se croisèrent pour ne plus se quitter, cherchant à s'apprivoiser de nouveau.

Sentant un soupçon d'inquiétude dans ses douces pupilles, le brun insista, rougissant à l'idée que son frère ait pu mal interpréter ce qu'il avait dit.

- Mais ça ne veut pas dire que je regrette, insista-t-il en faisant glisser son index sur sa clavicule. Je le voulais vraiment.
- Hey, Bill. Tout va bien, je comprends.

Bill observa ses yeux sincères, et Tom rit doucement avant de se mordre les lèvres, faisant ressortir son piercing. Ses jambes bougeaient nerveusement, ses mollets tambourinant sur le rebord du lit. Bill fixa ses lèvres alors qu'elles remuaient doucement.

- Moi aussi, je le voulais, poursuivit le guitariste. Tu t'en es rendu compte, je pense.

Intérieurement flatté à cet aveu de désir, Bill étouffa un rire, qui fut suivi d'un sanglot nerveux, soulagé par la réaction de son jumeau. Tom lui remit doucement une mèche de cheveux derrière l'oreille, ses doigts en effleurant le lobe.

- C'était sûrement pas parfait, bredouilla-t-il avec gêne, ou tel que tu l'avais rêvé, et c'est certainement en partie de ma faute. Mais la prochaine fois sera parfaite, ou peut-être celle d'après, on a juste besoin d'entraînement et de pouvoir... en parler. Tu vois ?

Leurs yeux intensément plongés dans ceux de l'autre, Bill sentit sa gorge se nouer à ces mots, l'émotion le submergeant lorsque la main de Tom osa glisser dans son cou, venant masser sa peau brûlante de sa paume. Nerveusement, Bill acquiesça en rougissant, mais il eut un sourire timidement désolé tandis que d'autres pensées traversaient son esprit. Ses yeux brillèrent, espérant que Tom comprendrait le message caché dans ses larmes silencieuses.

- Je vois, mais là, j'ai pas vraiment envie d'en parler, dit-il en se redressant légèrement.

Tom le dévisagea, décontenancé, mais quand la main de Bill glissa, remontant sur son torse jusqu'à capturer sa nuque pour l'attirer plus près alors que le jeune homme s'approchait timidement, le bout de sa langue léchant inconsciemment ses lèvres, il comprit.

Se redressant également jusqu'à se rasseoir, il chercha ses lèvres et leurs bouches entrouvertes se rencontrèrent pour échanger un baiser doux et passionné, chacun d'eux oubliant leurs tergiversations intérieures pour laisser place au ballet fougueux de leurs langues.

Bill s'agrippait désespérément à sa nuque et à ses cheveux tandis que Tom enlaçait sa taille, sa main caressant avec adoration son dos. Le soulevant légèrement, ce dernier attira le chanteur sur ses genoux, et Bill eut un gloussement nerveux, son rire venant se perdre dans le baiser.

Câlinement, ils se dévorèrent de baisers entre petits regards et sourires pendant un moment, et ce fut sereinement et à nouveau sûr de lui, que Bill soupira, reculant pour frotter son nez contre le sien entre deux bisous. Le regardant tendrement, Tom murmura doucement :

- C'est sûrement rien du tout, mais tu dois vraiment retourner voir un médecin.

Lové contre lui, Bill étouffa un rire, rassuré par la réaction de son jumeau, et il l'embrassa encore d'un autre bisou. Il se sentait si fragile mais tellement en sécurité dans ses bras.

- J'irai, promis. J'irai.

Tom sourit pensivement, ne semblant qu'à moitié satisfait par sa réponse, et touchant délicatement sa joue, il la caressa avec précaution.

- Tu as intérêt. Je ne le supporterais pas s'il t'arrivait quelque chose par ma faute.

Bill captura sa main dans la sienne, les croisant, et la portant à ses lèvres, il secoua la tête avant d'en embrasser le dos tout en continuant à fixer son frère qui rosit à son action.

- Ce n'est pas ta faute, et dis-toi bien que tu ne m'as pas fait mal. Je veux dire... en fait, c'était plutôt bien, avoua-t-il avec un sourire coquin au bout de quelques secondes, ses yeux pétillants.

Embarrassé, Tom hoqueta avant de se pencher à son oreille et de susurrer tout bas.

- Quand tu seras guéri, on s'entraînera sérieusement, et là, ce sera vraiment bien.

Il recula, gloussant fièrement, et Bill leva les yeux au ciel, luttant en vain contre le sang qui affluait à ses joues.

- Ne te vante pas trop, on verra ça, dit-il avant de poursuivre en soupirant. Je devrais aller me préparer, on doit nous attendre.

Tom fronça le nez en jetant un coup d'½il vers son caleçon.

- Oui, et moi je vais aller prendre une douche. Je passe te chercher avant de descendre rejoindre les autres pour le petit déjeuner ?

Le c½ur léger et euphorique, Bill acquiesça en souriant et embrassa encore une fois d'un court et sonore baiser son amant, ses lèvres s'éternisant sur les siennes pour glousser.

- Oui, Georg doit mourir d'envie de te questionner sur cette fan.

Le brun lui vola un dernier baiser, puis se levant, il gambada presque vers l'entrée de la chambre. Resserrant son peignoir autour de lui, il ouvrit ensuite la porte avec précaution et passa la tête pour vérifier qu'il n'y avait pas de jeunes filles hystériques dans le couloir avant de s'y engager.

Tom cligna des yeux et rougit quand Bill lui lança un dernier clin d'½il rayonnant avant de sortir à pas de loups, se demandant si son petit frère n'avait pas entendu plus qu'il ne l'avait prétendu de sa conversation avec Georg.

Le jeune homme disparut derrière la porte, la refermant doucement après lui, tel un voleur qui se serait faufilé dans une maison pour n'en ressortir qu'au petit jour venu, ni vu ni connu.

Tom sourit bêtement à la porte.

Un piètre voleur qui en une nuit avait volé son c½ur en lui offrant le sien en gage, et l'espoir, peut-être, qu'il lui promette un jour de le garder captif à tout jamais.

À suivre...

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# Posté le mercredi 24 décembre 2008 19:33

Modifié le mardi 01 septembre 2009 13:04

Chapitre 4

Chapitre 4
Quelques minutes plus tard, dans un temps record, Bill était habillé – d'un tee-shirt blanc et d'un jeans décontracté –, coiffé et maquillé à la perfection, le jeune homme s'appliquant avec soin à paraître parfait pour se donner de l'assurance.

Dans son intimité, le sang ne paraissait pas couler abondamment, mais suffisamment pour salir son pantalon, et cherchant une solution pour remédier à son problème immédiat, Bill avait farfouillé dans les placards de la salle de bains et s'était figé en tombant sur ce qui semblait ressembler à un petit carré de coton enveloppé d'une fine pellicule de papier coloré.

Tout d'abord hésitant, il s'était finalement résolu à la mettre dans son boxer – c'était exceptionnel, et personne ne le saurait jamais –, et après quelques tentatives à coller et recoller l'épaisse feuille de papier incommode pour la mettre au bon endroit et dans la bonne position – comment diable faisaient les filles pour arriver à mettre correctement ces machins ? –, il y était parvenu.

Rouge de honte, Bill soupira, s'inspectant sous toutes les coutures dans le miroir.

Si leurs fans pouvaient s'imaginer que le chanteur en était réduit à porter une serviette hygiénique ! Et encore, il était extrêmement heureux que celle-ci ait été fournie dans la chambre de l'hôtel 5 étoiles sans qu'il ait eu à demander quoi que ce soit – d'ailleurs, il n'aurait jamais osé –, regrettant presque de n'avoir gardé quelques uns de ces tampons que certaines fans se plaisaient à lui envoyer à la gueule en plein concert pour une raison encore obscure.

Après avoir essuyé du bout de son doigt un peu de Gloss qui dépassait du contour de sa bouche, il se pinça à nouveau les lèvres, puis ses yeux se plongèrent dans leur reflet. Des images de sa nuit passionnée ne cessaient de lui revenir en tête, et les flashs de sensations tendres et langoureuses qu'elles lui faisaient revivre ne cessaient de tordre délicieusement son ventre.

Bientôt, ils seraient de retour en Allemagne pour préparer leur nouvel album. Il leur restait encore beaucoup d'efforts et de travail à fournir pour qu'il soit prêt à être enregistré, néanmoins, cela ne l'effrayait pas, du moins, pas encore. Bill se mordit les lèvres, virevoltant en chantonnant doucement alors qu'il sortait de la salle de bains.

En réalité, il lui tardait de revenir dans leur pays. Bien sûr, sa famille et la nourriture allemande lui manquaient, mais surtout, Tom et lui auraient enfin plus de temps pour eux, loin des regards des autres.

Couinant d'excitation à cette pensée et un sourire bêta sur le visage, Bill sautilla presque vers la porte de sa chambre, impatient de retrouver son frère et d'aller remplir son estomac. Ce dernier gargouillait d'ailleurs plaintivement, affamé par tant d'émotions et d'activités nocturnes.

Bill s'apprêtait à tourner la poignée lorsqu'il s'arrêta, pris d'un doute. Fermant un ½il, il regarda par curiosité à travers le judas. Devant la porte, Tom était déjà là, faisant les cent pas, l'air décontracté même si une pointe de stress se lisait sur son visage.

Se retenant de couiner une autre fois, Bill se mordit les lèvres pour regagner un peu de sérieux, et il épousseta la poussière imaginaire de ses vêtements, se sentant stupide d'être aussi anxieux, puis essayant de paraître calme, il ouvrit la porte avec retenue.

Tom s'arrêta de bouger en le voyant apparaître et le détailla de haut en bas, rosissant légèrement. Le chanteur était magnifique, ses cheveux lissés et son maquillage profond accentuant son apparence féminine. Ils se fixaient nerveusement, restant à distance raisonnable pour ne pas être trop tentés de se toucher, quand Bill remarqua une dreadlocks pointer de manière étrange hors du bandeau de son frère.

- Oh, attends. Baisse un peu la tête, lui ordonna-t-il doucement.

Un peu surpris, Tom la pencha néanmoins sans rien dire, et Bill s'approcha avec hésitation, posant ses mains sur sa tête. Ses fins doigts remirent patiemment et méticuleusement en place la mèche entortillée de cheveux, et presque bercé par son tendre toucher, Tom ferma à moitié les yeux pendant le processus, son nez respirant le doux parfum du chanteur à quelques centimètres à peine de là.

Cependant, Bill ne tarda pas à reculer, le laissant frissonnant et déçu à cette absence de contact.

- C'est mieux, lui sourit-il.

Tom sourit également, et avant de s'empourprer sous son regard tendre, le brun commença à se diriger vers l'ascenseur, tirant nerveusement sur son pantalon pour le remonter. Sa serviette le gênait.

- On y va ? proposa-t-il.

Acquiesçant silencieusement, Tom le rattrapa, et marchant à côté du jeune homme, entra vers lui dans la cabine ouverte. Ils se calèrent contre la paroi revêtue d'un immense miroir, s'installant côte à côte, et Bill appuya sur le bouton du rez-de-chaussée. Lorsque les portes se refermèrent, ils se tendirent, la tension plus que jamais palpable dans l'atmosphère.

Tom se mordit les lèvres, sa jambe tambourinant contre le sol qui se semblait se dérober sous eux alors que l'ascenseur descendait, et quelques secondes après Bill, il l'imita et croisa les bras pour se donner une contenance.

Tels une barrière invisible, seuls quelques centimètres de vide l'empêchaient de se rapprocher du brun, de lui sauter dessus pour l'embrasser ou simplement le toucher. Il avait tellement envie de le sentir dans ses bras et de le serrer à l'étouffer que c'en était presque douloureux.

Il n'avait même pas l'excuse de venir corriger quelque chose dans l'apparence de son frère pour ne serait-ce que l'effleurer comme Bill l'avait fait un peu plus tôt avec lui. Car son chanteur de frère était tout simplement... parfait.

Tom jeta un coup d'½il à Bill à cette pensée, et suivant son petit nez élégant relevé, il tourna la tête pour voir ce que son petit frère regardait.

Dans un coin de la cabine, discrètement dissimulée tout en restant visible, une caméra les filmait. De plus, les portes de l'ascenseur pouvaient s'ouvrir à tout moment sur n'importe quel étage de l'immense building.

Les jumeaux savaient qu'ils ne devaient rien laisser transparaître de leur toute nouvelle relation, et sans s'être même concertés – les mots étaient inutiles tellement ils étaient évidents –, ils avaient instinctivement fixé les limites de leurs démonstrations d'affection en public – ou sous l'½il potentiel d'un tiers –, s'en tenant seulement à quelques effleurements et touchers fraternels comme ils l'avaient toujours fait.

Car ils n'avaient pas le moindre droit à l'erreur, ils ne se feraient pas prendre aussi bêtement. Ils ne prendraient jamais de risque pour pouvoir rester ensemble.

Bill baissa la tête, et observant nerveusement le sol, il murmura :

- J'ai l'impression que c'est encore plus difficile maintenant.

Tom sourit. Il n'était visiblement pas le seul à être déjà en manque de contact.

- Ça l'est, dit-il doucement en appuyant ses mots.

Il tourna la tête pour le regarder et Bill lui jeta un coup d'½il en coin, lui souriant avec douceur mais aussi amusement. Leurs regards doux et pétillants se rencontrèrent, reflétant une adoration sans faille réciproque, et ils roucoulèrent d'un rire gêné qui se transforma sans raison en un fou rire contagieux. Se tortillant, ils se rapprochèrent, se penchant imperceptiblement sur l'autre, et leurs bras se frôlèrent quand la porte s'ouvrit.

Se poussant gentiment de manière joueuse, les deux petites masses gloussantes sortirent de l'ascenseur, croisant un groupe d'une vingtaine d'hommes d'affaires américains et japonais en costumes qui les fixèrent de grands yeux éberlués, choqués à la fois par leur look et leur beauté.

Sous cette attention soudaine, les rires des jumeaux s'effilochèrent alors qu'ils se frayaient un chemin hors du petit groupe, Bill passant devant Tom, lorsqu'ils entendirent un bel américain dans la quarantaine chuchoter quelques mots à son voisin nippon en regardant Bill :

- Is that a girl ?
- I think so, even if she's rather tall for a girl, isn't she?
- Yeah, but she's really pretty.


Acquiesçant, le frêle petit asiatique réajusta ses lunettes, détaillant de manière appréciative le chanteur de haut en bas une dernière fois, apparemment déçu de voir que la belle créature était suivie d'un chaperon au look de gangster qui semblait être son petit ami.

Habitué à être confondu avec une fille, Bill ignora leur échange, mais fronçant les sourcils, Tom posa une main possessive sur son dos pour l'obliger à avancer plus vite, agacé par les regards insistants de tant d'odieux pervers sur son petit frère.

Néanmoins, une fois à l'abri de leurs regards, Tom se pencha à l'oreille de Bill, et sa main agrippant le bas de son tee-shirt, il lui chuchota, un sourire amusé aux lèvres :

- Elle est jolie, et elle est à moi.

Rougissant, Bill lui donna un petit coup de coude dans le ventre, et le lâchant, le blond étouffa un 'aïe' en gloussant. Prenant un peu de distance, ils n'eurent qu'à faire quelques pas de plus avant d'entrer dans le restaurant de l'hôtel et trouver la table où Georg, Gustav et David – entre autres – déjeunaient déjà, et saluant l'ensemble de leur équipe répartie sur plusieurs tables, les jumeaux s'installèrent avec leurs amis.

Tom n'avait pas sitôt fait de s'asseoir à côté de Bill, qu'en face d'eux, interrompant sa conversation avec Gustav, Georg se mit à le fixer. Se faisant tout petit dans son immense sweat-shirt à capuche, le blond détourna la tête pour l'éviter, ses yeux errant sur la table à la recherche du café, et David, assis à côté de Bill, servit tour à tour aux deux frères leur précieuse drogue pour les préparer et les amadouer, ayant une nouvelle d'importance à leur annoncer.

- Bien dormi ?

Bill hocha la tête en bâillant et Tom haussa les épaules. Georg laissa échapper un petit rire, sourire en coin.

- Je ne sais pas si 'dormi' convient pour qualifier ce que Tom a fait cette nuit.
- Comment ça ? s'enquit David, soudainement à l'affût.

Tom lança un regard noir au bassiste, mais un léger sourire le trahit tout de même, et Georg s'esclaffa :

- Tom a laissé une fan entrer dans sa chambre, balança-t-il en guise d'explication avant de croquer dans sa tartine et de continuer la bouche pleine. Tu sais, une de celles qui ont organisé une partie de cache-cache dans l'hôtel avec Tobias.
- C'est vrai ? feignit de s'étonner Bill d'un air désintéressé.

David fronça les sourcils, Tom se retint de rire au jeu d'acteur de son frère – étrangement crédible –, et Georg sauta sur l'occasion.

- Il ne te l'a pas dit ? s'exclama-t-il avec étonnement.
- Tom ne me dit pas tout, apparemment, fit mine de humpffer Bill avant d'encourager son ami. Raconte !

Un peu surpris qu'il veuille en entendre parler – par le passé, ce genre de récits réels ou, le plus souvent, imaginés de Tom et Georg avaient toujours exaspéré au plus haut point Bill et Gustav –, le bassiste se pencha vers lui.

- Quand je suis passé le voir ce matin, elle était encore dans sa salle de bains...
- Georg! grogna Tom d'un ton menaçant.

À cet échange, le manager fronça un peu plus les sourcils à leur attitude adolescente.

- Tom, tu sais ce que j'en pense.

David était pour le moins attentif à toutes les infiltrations de jeunes filles en chaleur dans les hôtels où ils séjournaient, et il savait très bien que depuis la fameuse histoire à l'origine de la chanson Reden, une telle chose ne s'était jamais reproduite. Car malgré ce que le guitariste avait pu raconter par la suite en interview, le manager avait veillé au grain, échaudé par tous les démêlés qu'il avait eus avec les directeurs d'hôtel mécontents des nuisances causées par ces assauts de fans.

- Ce n'est pas prudent, le prévint sérieusement David. Vous savez que c'est le genre de fans susceptibles de tout raconter sur Internet. Si vous tenez à conserver une bonne image et à garder une vie privée...

Se sentant surveillé en coin par son jumeau et ses amis, Tom haussa innocemment les sourcils, levant les mains en signe de défense.

- Je sais, le coupa-t-il. Mais tu aurais vu comment elle était court vêtue, j'allais pas la laisser errer comme une âme en peine dans le couloir. C'est qu'il y a des pervers qui rôdent en plus, même dans les hôtels 5 étoiles, dit-il en fixant le bassiste.

Se sentant justement visé, Georg s'insurgea bruyamment, une main posée sur le c½ur en feint outrage. Soupirant à leurs singeries, Gustav continua nonchalamment à manger son ½uf au plat, et Bill se moqua, pistant d'un air absent la confiture de l'autre côté de la table :

- Le seul pervers que je vois ici, c'est toi, Tomi.

Gustav passa le pot de gelée d'abricot au chanteur, et Tom leva les yeux au ciel, un léger sourire en coin en voyant Bill entrer dans son jeu.

- Je l'ai seulement laissée entrer par pitié...

Bill fit une drôle de tête et haussa un sourcil, se retenant à peine de le fusiller du regard.

- Ben voyons, par pitié ?

Le brun lui donna un coup de genou discret sous la table, et le sourire de Tom s'accentua alors qu'il fixait à nouveau son café, ses longs cils gracieux ressortant délicatement sur ses paupières mi-closes. Cette vue attira malgré lui un petit sourire chez son petit frère qui le fixait d'yeux tendres et intenses. Même dans sa connerie, Tom parvenait à être adorable.

- Bill, arrête ta crise de jalousie, veux-tu? plaisanta Georg avant de se tourner vers Tom. Bon alors, maintenant qu'elle est partie, dis-nous ! Elle était comment cette mystérieuse fille ?

Se demandant dans quel sens il entendait cette 'jalousie', Bill s'était empourpré à son 'accusation' et avait subitement baissé la tête vers son café, y tournant sa petite cuillère en attendant la réponse de son frère sans oser rajouter un mot, un peu anxieux en imaginant ce qu'il allait bien pouvoir raconter à leurs amis.

Ses pupilles rivées sur le liquide noir, Tom avala une gorgée de son café avant de reposer la tasse sur sa soucoupe, prenant son temps au grand dam du bassiste avant de se lancer dans sa description, énumérant lentement d'un ton aérien et rêveur :

- Grande, de longs cheveux bruns, des jambes fines, de grands yeux...

Tournant toujours plus lentement sa cuillère dans son propre café d'une main moite, Bill avait rosi un peu plus à chaque mot, s'attendant à tout moment à ce qu'il fasse un commentaire sur son manque de fesses et de poitrine, quand Tom rajouta encore, plus bas :

- ... la peau douce.

Son ton n'avait pas été particulièrement sensuel, mais son aveu l'était, et le chanteur frissonna, regardant partout sauf dans la direction de son frère alors que le souvenir de ses mains caressant avec tendresse et passion son corps nu envahissait son esprit. Ses joues brûlaient littéralement, son c½ur battant à mille à l'heure. Tom trouvait qu'il avait la peau douce ?

Georg siffla légèrement, amusé.

- Eh ben, je comprends pourquoi tu m'as éjecté si vite ce matin. Tu avais peur que je te la pique ou quoi ?
- Aucun risque, tu n'es vraiment pas son type, grogna immédiatement Tom, semblant brusquement revenir sur Terre à ces mots.

Ayant repris confiance en lui, Bill décida de titiller son frère en ricochet, lançant un sourire compatissant et légèrement coquin au bassiste.

- Qu'est-ce que tu en sais, Tom ? Georg n'est pas mal, dans son genre. Tu devrais la lui présenter.

Croisant ses bras, le chanteur s'appuya sur la table, se penchant langoureusement en avant vers Georg qui rosit à son compliment, et fixant suspicieusement son petit frère, Tom fronça les sourcils à sa 'proposition' inattendue. Un petit coup de pied atterrit sur son mollet, et l'air faussement surpris, Bill se tourna vers Tom, battant innocemment des cils sous le regard incendiaire de son jumeau.

Georg s'esclaffa.

- Ne lui dis pas ça malheureux, je crois que Tom est déjà complètement jaloux et possessif. Qui que soit cette fille, ça a l'air d'être le grand amour. D'ailleurs, pour que ses règles ne t'aient pas gêné, c'est que tu devais vraiment être motivé, grimaça-t-il.

Perturbés par sa réflexion, les jumeaux tournèrent promptement la tête avec gêne, et Gustav fronça le nez, essayant de bloquer les images mentales qui affluaient vers son cerveau.

- Trop d'informations là, marmonna-t-il d'un ton bougon.

Les ayant observés attentivement, David étouffa un rire amusé à leurs réactions de grands garçons encore un peu immatures, et Bill fronça les sourcils, son visage se fermant.

Ça n'avait strictement rien à voir avec des... règles, ragèrent ses pensées. Inconsciemment, il se tortilla un peu sur son siège, sentant la serviette dans son boxer. Une légère douleur provenant de ses muscles les plus intimes étirés par leur activité nocturne se fit également connaître, et Bill s'énerva, mal à l'aise :

- Je suis d'accord avec Gustav. On peut changer de sujet ?

Espérant avoir enfin un peu d'attention de ces grands gamins, David en profita :

- Oui, changeons de sujet. Quand vous êtes arrivés, je voulais vous annoncer que finalement, il va falloir que vous alliez à la cérémonie des VMA dans une semaine.

Tous se tournèrent vers lui, surpris. Bien sûr, ils avaient la chance d'être nominés deux fois aux Video Music Awards américains – grâce à leurs fans du nouveau et de l'ancien continent qui avaient certainement dû esquinter à vie leurs doigts à voter pour eux –, mais...

- Je ne vois pas pourquoi, on a aucune chance ! ronchonna aussitôt Tom.

Les autres levèrent les yeux au ciel. Le guitariste était toujours grincheux quand il pensait qu'ils allaient perdre un prix. Se balançant sur le côté, Bill lui donna un petit coup d'épaule.

- Si on t'avait écouté, on n'aurait jamais assisté à une seule cérémonie depuis trois ans, le taquina-t-il.

Tom humpffa pour seule réponse. Ils repartaient en Allemagne le lendemain et il ne se revoyait pas revenir aux Etats-Unis en fin de semaine, pour rien, alors que Bill et lui pourraient très bien y assister tranquillement depuis le salon de leur appartement berlinois, confortablement pelotonnés sous la couette. Car s'il y avait bien une cérémonie où ils ne risquaient pas de gagner, c'était celle-là.

De plus, Bill devait retourner faire des examens et voir un médecin au plus vite. Cela tombait au mauvais moment.

- Dunja vous accompagnera à la cérémonie à ma place, moi je reste en Allemagne, continua David d'une voix rapide.

À ces mots, Tom hoqueta, outré devant sa dérobade, et Georg tenta de remettre le précédent sujet sur le tapis, lançant un bout de mie de pain au guitariste.

- De quoi tu te plains ? Tu vas pouvoir revenir ici et revoir ton américaine en douce !

Fronçant les sourcils, toujours bougon, Tom lui renvoya le projectile, et Georg l'esquiva d'un habile mouvement de tête.

- Surtout que Dunja est bien plus laxiste que ce tyran, insista le bassiste en désignant David.

Cette fois-ci, ce fut au tour de David de paraître choqué, et tout en envoyant une boulette de pain sur l'impudent jeune homme, le manager poursuivit :

- Les organisateurs m'ont contacté, c'est bon signe. On ne rentrera peut-être pas bredouille.

En effet, lors de ce genre de cérémonies, les gagnants pressentis étaient souvent appelés, les organisateurs ayant l'habitude d'insister pour qu'ils assistent au show.

Poussant un petit cri aigu, Bill frappa dans ses mains avec enthousiasme, ignorant la petite bataille de boules de pain qui s'instaurait entre Tom et Georg tandis que Gustav essayait de se protéger dans son coin avec le menu plastifié du restaurant, l'étrange mais sage batteur continuant d'avaler son petit-déjeuner comme si de rien n'était.

- Alors on va aux Video Music Awards ! chantonna le chanteur, décidant au nom du groupe.

Ignorant le grognement désapprobateur de son grand frère qui essayait de se planquer sous la table, sa tête presque posée sur les genoux du chanteur pour éviter les attaques du bassiste, Bill se joignit à la bataille pour défendre son grand frère, sous le regard interloqué des serveurs du restaurant.

Leur carrière prenait réellement un tournant international, contournant les entraves, et rien n'y personne ne semblait pouvoir y mettre un frein. Cela tombait bien, Bill n'en voulait pas.

Plongé dans la bataille, il fonçait tête baissée vers l'avenir.

À suivre...

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# Posté le vendredi 26 décembre 2008 17:02

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 20:19

Chapitre 5

Chapitre 5
Le 12 septembre 2008, à Berlin.

Entrant dans son appartement, Bill posa son sac dans un coin, enleva son manteau et expira nerveusement, l'air exténué. Un garde du corps l'avait juste raccompagné devant sa porte, évitant avec difficulté la flopée de fans qui gravitaient constamment autour de leur nouvel appartement depuis qu'un magazine people avait balancé le nom du quartier où ils avaient emménagé.

Bill jura doucement. Il avait passé son après-midi à l'hôpital, poireautant près d'une heure avant son rendez-vous avec le docteur Bergman, son gastroentérologue. Et la visite qui s'en était suivie avait été longue, pénible, minutieuse et hautement embarrassante.

Il cacha un instant son visage dans ses mains tremblotantes. Et tout ça pour rien.

Ce fut à ce moment-là que Tom sortit de sa chambre à l'étage et dévala les escaliers, courant presque à sa rencontre.

- Alors ? lui demanda-t-il anxieusement.

Soupirant, Bill laissa retomber ses mains le long de son corps, et s'avançant dans le salon d'un pas lent, il secoua la tête.

- Rien. Ils ne savent toujours pas ce que c'est.

Las, il s'approcha du canapé et s'affala plus qu'il ne s'assit dessus, son dos venant s'écraser en arrière pour se soulager. Se plaignant, sa colonne vertébrale maltraitée craqua de manière audible et Bill grimaça.

Tom contourna le sofa, l'air inquiet, et s'assit doucement à côté de lui. Bill avait tenu à ce qu'il ne l'accompagne pas, jugeant que c'était parfaitement inutile, et le blond avait passé près de trois heures à angoisser tout seul, tournant en rond dans leur appartement à ne rien faire.

- Je suis désolé, s'excusa doucement Tom.

Bill secoua la tête, son expression fatiguée.

- Je ne vois pas pourquoi. C'est pas de ta faute.

Tom se colla néanmoins à lui, et entourant sa taille de ses bras, il posa son menton sur son épaule, leurs visages se frôlant tandis que sa jambe recouvrait les cuisses du brun.

- Vraiment ?

Il lui fit une petite moue exagérée, et au bout de quelques instants, bien qu'il évitât soigneusement de le regarder, Bill eut un léger sourire, qui se transforma vite en rire quand Tom se rapprocha encore, sa moue s'accentuant encore.

- T'es bête, gloussa le chanteur.

Tom rigola, et Bill tourna la tête vers lui quand la bouche du jeune homme l'effleura d'un peu trop près, capturant ses lèvres d'un doux baiser. Tom grogna de plaisir à son initiative, et resserrant son emprise sur lui, il l'embrassa goulûment.

Bill entoura son cou de ses bras et son joli nez soupira de contentement quand il approfondit le baiser en ronronnant, trouvant extrêmement réconfortant après ces longues heures de stress de pouvoir se retrouver dans les bras de son amoureux en toute quiétude, sans avoir à se soucier de savoir si quelqu'un pouvait les voir aux alentours de là où ils étaient.

Les jumeaux étaient enfin de retour en Allemagne, après une longue et épuisante tournée américaine, n'ayant même pas pu fêter dignement leur anniversaire outre-Atlantique – même si une soirée de tendres câlins et une journée à la plage de Los Angeles n'avaient pas été si déplaisantes finalement.

Et même si, après un trop court aller-retour dans leur pays maternel, ils avaient eu la satisfaction d'assister et de gagner une récompense lors de la cérémonie des VMA dans le pays de l'Oncle Sam, cela avait également poussé leur management à prévoir quelques concerts en décembre aux États-Unis, à leur grand dam. Encore du stress en perspective.

Cependant, pour l'instant, ils étaient dans leur appartement berlinois, seuls dans leur petit monde à deux depuis quelques jours. Ils pouvaient enfin souffler un peu, ne se déplaçant d'ailleurs que rarement pour faire des courses ou aller dans leur studio d'enregistrement berlinois avec Georg et Gustav.

Néanmoins, leurs moments de calme et d'intimité avaient été rythmés et malheureusement un peu gâchés par les examens médicaux que Bill avaient dû subir.

Après quelques petits baisers sonores sur sa bouche, Tom finit par reculer, rouvrant ses yeux pour fixer sérieusement son petit frère.

- Qu'est-ce que le docteur t'a dit ?

L'air pensif, Bill laissa glisser ses mains sur son torse et baissa la tête. Angoissé rien qu'en resongeant à son rendez-vous, il se mit à jouer avec les manches du sweat de Tom, s'amusant à passer de temps à autre ses doigts à l'intérieur pour caresser la douce peau de ses avant-bras.

Après un rendez-vous pris en urgence, il avait fait une seconde prise de sang avant qu'ils ne repartent aux Etats-Unis pour refaire les premiers tests. Le docteur Bergman avait également recherché d'autres pathologies possibles, mais sans succès.

Bill secoua la tête et prit une longue inspiration, cherchant les bons mots.

- Les examens épidémiologiques et autres tests n'ont rien donné, comme la première fois, soupira-t-il.
- Et est-ce qu'il a..., tenta doucement Tom.

Bill acquiesça rapidement, n'osant prononcer les mots que ni l'un ni l'autre ne voulaient entendre. En effet, le docteur lui avait parlé lors de sa précédente visite qu'il aurait à effectuer un autre examen pour être sûr de son diagnostic, et le jeune chanteur avait dû subir le jour même ce qui était certainement la chose la plus humiliante de toute sa jeune vie.

En effet, malgré le fait que le docteur avait été très professionnel et rassurant, le toucher rectal avait été réellement perturbant. Car personne avant, pas même Tom, ne l'avait jamais touché là, à l'intérieur, avec un doigt.

Nul besoin de dire que Bill avait été stressé tout au long de l'examen – heureusement rapide –, et même si le docteur avait utilisé comme le requérait la procédure un gant lubrifié avec de la vaseline, le toucher de sa prostate – ainsi que de la paroi de son rectum – avait été plus que désagréable, presque douloureux.

Chassant ces souvenirs déplaisants, le jeune chanteur se mordit les lèvres pensivement, ne pouvant s'empêcher de se demander si ce qu'il avait pu entendre dire sur cet organe masculin était vrai.

Bien sûr, il avait eu du plaisir en faisant l'amour avec Tom pendant leur première fois, mais...

Rougissant, Bill poursuivit en fixant ses doigts manucurés qui se tortillaient à présent sur les genoux du blond :

- Il n'y a pas de fissure, et ma prostate est tout à fait normale. Conclusion, pour les médecins, je n'ai strictement rien. Je crois même que le docteur Bergman commence à me prendre pour un dingue, plaisanta-t-il avec humour noir, un sourire amer se dessinant sur ses lèvres.

Après tout, contrairement à Tom, le docteur ne l'avait jamais vu saigner, si bien que Bill parvenait sans mal à comprendre son scepticisme. Le jeune homme ne saignait plus, et ses maux de ventre avaient cessé en même temps que lesdits saignements. Néanmoins, Bill savait que le sang était bien réel. Reniflant, le chanteur sentit des larmes lui monter aux yeux, et inquiet, Tom le serra un peu plus dans ses bras.

- Pour être totalement sûr qu'il n'y a rien, il veut me faire une coloscopie pour voir si le problème ne vient pas du colon, rajouta le brun.

Il se tut pour se mordre une nouvelle fois les lèvres, ses yeux de plus en plus brillants alors qu'il était submergé par le stress. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir sale, violé dans son intimité même s'il était conscient que ces examens étaient nécessaires.

- Quand ? murmura Tom.
- Dans une semaine, répondit-il en essuyant ses yeux de ses mains, tentant de se calmer. Deux jours après le rendez-vous chez l'anesthésiste.

L'intervention était bénigne, mais requérait tout de même une anesthésie générale. L'attirant à lui sans dire un mot, Tom lui frotta le dos pendant un moment pour l'apaiser, et quand les discrets reniflements cessèrent, ils se redressèrent tous les deux lentement, et le blond passa une main dans les cheveux du brun pour les caresser.

- Chut, c'est sûrement bon signe s'ils ne trouvent rien. Ce n'était peut-être qu'un virus ou une infection passagère.
- J'espère, sourit le brun.
- J'en suis certain, sourit le blond avant de rajouter en l'observant. Tu devrais aller prendre une douche pendant que je nous prépare un truc à manger. Tu dois mourir de faim, non ?

Bill le fixa pendant quelques secondes, impassible, et avant que Tom n'ait pu parler, le chanteur pencha légèrement la tête sur le côté, s'approchant d'un mouvement fluide vers lui. Se collant câlinement à lui, il attrapa doucement le haut de son sweat d'une main et l'embrassa.

Son baiser était tendre et désespéré, et Tom inspira une grande bouffée d'air avec surprise quand l'autre main du chanteur alla s'infiltrer sous ses vêtements, venant caresser la peau nue et chaude de sa taille. Se détachant légèrement de lui, Bill lui lança un regard suppliant.

- Viens avec moi plutôt.

Sans lui laisser de choix, il lui prit la main, et se levant, il l'entraîna avec lui vers les escaliers, Tom titubant légèrement à son empressement.

- Tu es sûr que...
- Oui, reste avec moi, sourit-il.

Tenant fermement sa main, Bill courait presque à présent, et des gloussements s'échappèrent de leurs lèvres lorsqu'ils manquèrent de trébucher dans les marches. Légèrement essoufflés, ils arrivèrent devant la chambre de Bill. Ce dernier tira sur son bras pour ne pas qu'il s'échappe, les faisant rentrer à l'intérieur, puis lâchant enfin son grand frère, il commença à enlever chaussures et chaussettes pour se diriger rapidement vers une autre porte.

Tom l'imita, fixant ses pieds nus qui semblaient glisser sans bruit sur la moquette, et le suivit dans la salle de bains qui communiquait par une porte opposée avec la chambre du blond.

S'arrêtant à l'embrasure, le guitariste observa le jeune homme qui enlevait à présent un à un ses vêtements à deux mètres de lui. Lorsqu'il eut enlevé son pantalon, le brun releva la tête, leurs regards se rencontrant pour ne plus se quitter.

- Qu'est-ce que tu attends ? lui demanda-t-il doucement, un sourire amusé mais un peu timide sur les lèvres.

Sa voix était basse, et Tom rougit. Déglutissant, il entra à son tour dans la salle de bains, et sentant son c½ur s'accélérer sous les yeux curieux de son frère, il baissa les yeux pour enlever lentement son sweat, son tee-shirt et son bandeau, ses dreadlocks venant s'éparpiller sur ses épaules.

L'instant était étrangement sensuel, et il ne put s'empêcher de lever la tête au moment d'enlever le bas. Leurs pupilles entrèrent immédiatement en contact. L'expression de Bill fut impassible lorsque le jeune homme défit sa ceinture, et face à son regard insondable, Tom bredouilla avec incertitude :

- Tu veux vraiment que je vienne ?
- Oui, murmura le brun.
- C'est à tes risques et périls, hésita encore le blond.

Sa ceinture glissa à terre, suivie peu de temps après par son pantalon et son caleçon. Bill fit de même avec son boxer mais tourna la tête cette fois-ci, intimidé à son tour. Tom observait les moindres courbes de son corps.

- Je prends le risque, souffla le brun en fixant le sol.

Sous le regard attentif de Tom, les longues et fines jambes du chanteur se dépêtrèrent du tas d'habits pour aller se diriger vers l'immense douche aux tons de verts située derrière une paroi transparente de verre, et Bill tourna les robinets, cherchant la température idéale, alors que l'eau coulait déjà sur son dos.

- Alors, tu viens ou pas? demanda Bill à voix haute en lui tournant à moitié le dos, n'osant le regarder.

Tom ne répondit pas, mais s'approcha néanmoins, son c½ur s'accélérant à chacun de ses pas.

Vive et chaude, une pluie de gouttelettes s'abattit bientôt sur l'intrus qui venait d'entrer dans la cabine, et le chanteur ne put se retenir de trembler quand Tom s'arrêta à côté de lui sous le jet brûlant. Ils se tournèrent l'un vers l'autre, hésitant à se toucher et même à se regarder. Le bruit de la douche était assourdissant, résonnant en écho dans toute la salle de bains.

Finalement, leurs yeux se rencontrèrent, et Tom s'approcha encore légèrement de lui, leurs corps se frôlant. Sa main effleura son bras avant de glisser sur son avant-bras, et délicatement, ses doigts glissèrent sur sa taille, osant à peine caresser sa peau. Bill frémit néanmoins à leur infime contact et son souffle se coupa quand le nez de Tom chatouilla sa joue, ses lèvres cherchant doucement les siennes. Elles ne tardèrent pas à se happer, d'abord timidement puis avidement, et ils frissonnèrent.

Un instant passa, les deux jeunes hommes échangeant un long et doux baiser, et sentant son sang s'emballer dans ses veines, Bill trembla un peu plus lorsque leurs corps se rapprochèrent encore, se touchant enfin. Il se relaxa légèrement, étonné - et un peu soulagé - de constater qu'aucun d'eux ne bandait malgré la tension amoureuse qui flottait dans l'air.

Cela faisait pourtant déjà quinze jours, depuis leur première fois, qu'ils n'avaient rien fait, ou presque. Leur planning surchargé ne leur avait laissé que peu de moments à eux, et leurs inquiétudes liées à sa santé avaient occupées le reste de leur temps libre, Tom hésitant visiblement à aller plus loin après leur première expérience entachée de doutes.

- Ça m'a manqué, murmura Tom comme s'il lisait dans ses pensées.

Bill sourit, et laissant sa langue venir lentement lécher les lèvres de Tom avant de l'embrasser à nouveau à pleine bouche, il ferma les yeux quand les doigts du blond agrippèrent plus fermement sa taille, caressant avec tendresse la peau mouillée. Il était néanmoins encore trop loin à son goût, et prenant confiance, les mains de Bill se posèrent sur ses omoplates pour l'attirer plus près. Malaxant pensivement le haut de son dos, il murmura contre ses lèvres la première chose qui lui passa à l'esprit, gloussant légèrement.

- J'aime tes épaules. Elles sont plus larges que les miennes.

En effet, bien que leurs corps fussent similaires dans leur aspect général, des différences notables émaillaient cette ressemblance, comme le timbre de leurs voix ou la carrure des épaules de Tom, cette dernière étant sensiblement plus importante que celle de Bill, et cela sans qu'ils sachent réellement pourquoi. Quelque part, c'était extrêmement bizarre. Ils faisaient vraiment de drôles de jumeaux, tous les deux. Si différents, si semblables, et si amoureux.

La réflexion laissa Bill pensif pendant quelques secondes, le jeune homme se perdant dans leur baiser, quand son frère rigola doucement à son tour contre sa bouche :

- C'est pour mieux te prendre dans mes bras, petit frère.

Sans savoir pourquoi, ce "petit frère" serra le c½ur de Bill, comme s'il s'était attendu à un autre terme. Il gloussa néanmoins à sa réponse, rosissant comme un collégien en s'attendant à ce que le jeune homme joigne le geste à la parole et le serre à l'en étouffer, mais Tom se contenta de reculer et de tendre la main vers un coin de la cabine où se trouvait une petite étagère. Etonné à cette absence de contact, Bill rouvrit les yeux pour regarder son jumeau prendre une bonne dose de gel douche dans sa paume et le malaxer consciencieusement après avoir reposé le petit flacon.

Les mains moussantes de Tom revinrent ensuite vers lui, et le blond chercha son regard. Déglutissant, Bill le fixa en signe d'assentiment silencieux, et son souffle se coupa quand les fins doigts de son frère se posèrent sur son torse, glissant sur son ventre et sur sa taille du bout des doigts.

Tom avait les paupières baissées, concentré sur ce qu'il faisait, et Bill frémit lorsqu'il embrassa sa clavicule. Il dégagea les petits cheveux blonds sur le front de son frère, et quand Tom releva la tête cherchant ses lèvres, Bill les lui offrit avec enthousiasme. Ils s'embrassèrent, gémissant alors que leurs corps s'éveillaient peu à peu, de plus en plus excités à leur contact, quand Bill sourit timidement contre ses lèvres.

- Dis, tu trouves vraiment que j'ai la peau douce ? murmura-t-il.

Tom l'embrassa encore, et souriant à son tour en se rappelant le moment où il avait prononcé ces mots, il vint poser ses lèvres dans son cou, le suçotant de petits baisers.

- Tu n'as pas idée à quel point, chuchota-t-il.

Son ton suave fit sourire et frémir de plaisir le brun, et entourant son cou de ses bras, il murmura en frémissant :

- Touche-moi alors. Touche-moi, Tomi.

Tom grogna d'envie à ces mots et ses mains vinrent caresser avec plus d'assurance sa taille, glissant sur les mots tatoués de tout leur long. Mordillant toujours son cou, il sentit le souffle de Bill se couper quand il malaxa ses fesses. Elles se raidirent sous son toucher, leurs muscles se tendant, et Tom leva la tête pour observer le visage de Bill qui semblait briller sous l'écoulement de l'eau.

Sa bouche entrouverte, Bill le fixa et souffla, le suppliant encore.

- Continue, touche-moi.

Il l'embrassa ensuite langoureusement, la langue entamant une danse sensuelle avec la sienne. Répondant à son baiser, Tom laissa encore ses mains errer sur son corps, sentant son sexe se gonfler et se dresser sous le désir, et quand il sentit l'érection de Bill se frotter à la sienne, ses doigts glissèrent entre eux pour les emprisonner toutes les deux. Il fit quelques allers-retours qui les firent gémir, pensant continuer jusqu'à les libérer, quand il sentit Bill écarter légèrement les jambes, et comme la première fois, curieux, il traça ses bourses de ses doigts.

L'embrassant avec ferveur, il les massa un petit moment jusqu'à les faire durcir, puis il glissa en douceur sa main entre ses cuisses, son majeur venant toucher l'orifice sensible. Bill gémit contre sa bouche, mais cette fois-ci, il ne le repoussa pas. Tom recula légèrement néanmoins, détachant un instant leurs lèvres.

- Je peux ?

Bill acquiesça, mais Tom insista encore, cherchant une confirmation claire et nette.

- Sûr ?

Hésitant, il retira sa main pour ne pas l'influencer, et le brun fronça les sourcils. Il resserra ses bras autour de son cou.

- Oui !
- Tu ne vas pas le regretter ?
- Non.
- Je comprendrais si tu ne voulais pas, surtout après cet après-midi...
- Tomi ? le coupa-t-il. Fais-le ou je te saute dessus.
- Hein ? Quoi ? Mais...

Les yeux de Bill louchèrent de manière joueuse sur lui, le chanteur se penchant tout près du jeune homme perplexe.

- Tu ne diras pas que je ne t'avais pas prévenu.

Sans crier gare, il sauta littéralement sur lui, tentant d'enrouler ses jambes autour de son bassin. Tom eut un cri de surprise, manquant de glisser sur le tapis pourtant antidérapant qui recouvrait le sol de la douche. Il tenta de se retenir au mur, mais emporté par le poids de son jumeau, il tituba jusqu'à les faire progressivement et peu gracieusement choir par terre tous les deux, heureusement sans mal.

Bill touchait le sol, ses jambes enserrant les hanches de Tom et ses bras agrippant ses épaules tandis que ce dernier était assis sur ses genoux, penché vers lui. Le jet de la douche tombait maintenant quasi-exclusivement sur le dos du blond, baignant le bas de leurs corps en cascades de maigres filets d'eau.

Leurs visages dégoulinants des dernières gouttes de liquide qui fuyaient leurs traits féminins, ils se regardèrent d'yeux écarquillés, surpris de se retrouver dans une telle position, puis la gorge de Bill roucoula jusqu'à éclater soudainement d'un rire clair. Ils bandaient toujours.

Tom cligna des yeux, puis sidéré, il secoua la tête, ne pouvant s'empêcher de sourire à la bonne humeur communicative de son frère.

- T'es vraiment con.
- C'est pour ça que tu m'aimes, avoue, rit-il.

Ses bras quittèrent ses épaules jusqu'à ce qu'il s'allonge plus aisément sur le sol, s'appuyant sur ses avant-bras, et Tom sourit un peu plus, ses yeux brillants d'amusement plongés dans les siens. Il passa une main sur le torse du brun, leurs ventres se tordant à cette action. Les rires de Bill s'apaisèrent tandis qu'il le fixait, et s'effacèrent complètement quand ses doigts frôlèrent son sexe dressé pour venir agripper sa base au creux de son index et de son pouce. Haletant, il déglutit lorsqu'il la malaxa, sa paume venant s'appuyer délicieusement contre ses testicules, et le chanteur écarta les jambes, desserrant son emprise sur les hanches de Tom.

- Tu en es sûr ? redemanda une dernière fois Tom.

Son regard dansant sous le plaisir qu'il ressentait à son toucher, Bill acquiesça, rougissant en réalisant à quel point il était exposé, et lâchant son membre, Tom baissa les yeux alors que ses doigts glissaient entre ses cuisses, cherchant son orifice en traçant sa peau sensible de son majeur. Il le trouva vite, et frottant avec curiosité ses contours, il sentit Bill se contracter par anticipation.

Tom se mordit les lèvres quand Bill écarta un peu plus indécemment ses jambes, s'exposant totalement, et introduisit la première phalange mouillée de son index dans l'antre. Il la fit tourner, Bill se détendant et laissant un gémissement s'échapper de ses lèvres, et Tom sentit une petite irrégularité, telles de petites lèvres. Ne s'y attardant pas, il enfonça encore son doigt à la recherche de quelque chose de plus précis, continuant à le faire tournoyer pour faciliter le passage.

Il sentit l'antre étroit du jeune homme se resserrer autour de lui par automatisme à cette intrusion, ses muscles se contractant autour de son doigt, et Tom haleta en se rappelant avec excitation qu'il avait déjà été à l'intérieur de lui. Un gémissement plus fort lui fit lever la tête, et ses yeux se rivèrent sur son auteur.

Bill avait tourné la tête et fermé les yeux, ses bras collés le long de son corps alors que ses ongles semblaient déterminés à arracher le tapis antidérapant, et il était tout simplement beau et désirable dans sa fragilité. Tom rétracta légèrement son doigt, sentant le bout toucher un petit renflement, et il s'attarda dessus, frottant expérimentalement la petite boule.

La bouche du brun s'ouvrit un peu plus et il se tortilla, poussant un petit cri surpris. Tom sourit.

- On dirait que c'est là.

Bill gémit pour toute réponse, et après avoir accéléré ses frottements, Tom ajouta son majeur, venant faire rouler le doux renflement entre ses doigts. Les cris de plaisir du jeune homme redoublèrent, et il eut un geste involontaire, sa main se dirigeant d'elle-même vers son membre tendu qui avait été délaissé.

Il dut s'en rendre compte néanmoins car il rétracta ses doigts avant de s'être seulement effleuré, son visage s'empourprant un peu plus qu'il ne l'était déjà. Tom étouffa un petit ricanement en l'entendant grogner de dépit.

- Timide ?

Il entendit Bill marmonner un 'et je t'emmerde' sous cape, et gloussant, Tom le prit lui-même en main, entamant de doux va-et-vient, s'attardant de temps à autre à caresser son gland décalotté de son pouce.

Bill s'arqua à son toucher. Il avait la douce impression de se liquéfier sur place, et pourtant, ce n'était pas assez. Il en voulait plus, plus longtemps. Or à ce rythme, il n'allait pas tarder à...

Alors que Tom s'amusait à le torturer de plaisir, titillant de diverses façons mais avec tout autant de succès sa prostate, le brun se redressa, remuant son bassin. À bout de souffle, il chassa les mains de son jumeau en capturant ses poignets, les privant de ses nouveaux jouets, et leurs visages se frôlèrent.

- C'était pas bien?
- Si si, mais attends...

Ignorant le regard inquiet de Tom à son intervention, Bill ne termina pas sa phrase, préférant les actes aux mots superflus, et agrippa ses épaules pour l'attirer à lui et l'embrasser langoureusement. Surpris d'être ainsi déséquilibré, le blond bascula approximativement et maladroitement sur lui, l'écrasant littéralement et rompant leur baiser. Bill émit un petit 'aïe' qui ne passa pas inaperçu.

- Désolé, rougit Tom en relevant prestement la tête.

Bill frotta son crâne qui avait un peu cogné contre le mur derrière lui. Tom l'y aida, malaxant timidement son cuir chevelu humide.

- C'est rien, je crois que cette fois, c'est moi qui suis trop impatient, souffla le chanteur en secouant légèrement la tête.

Le brun étouffa un rire gêné quand Tom parut perplexe à son explication, et il l'empêcha de trop y réfléchir en passant une main sur sa nuque, obligeant doucement le jeune homme encore un peu penaud à revenir l'embrasser.

Tom ne se fit pas prier, engageant un tendre baiser, languissant et énamouré pour se faire pardonner, et piégeant ses hanches entre ses jambes, Bill soupira de contentement en sentant enfin son poids au-dessus de lui. Le blond se raidit néanmoins quand le brun se mit à caresser avec insistance son dos de mains câlines. Incertain, Tom recula légèrement.

- Bill, ne fais pas ça si tu veux que j'arrête, le prévint-il.

Ledit Bill caressa ses côtes en le fixant.

- Et si je ne veux pas que tu arrêtes ?

Hésitant, Tom se mordit les lèvres, mais il frotta tout de même son bassin contre le sien, sentant leurs membres glisser l'un contre l'autre avec aisance. Ils étaient étalés sur le sol de leur salle de bains, après une journée hautement stressante pour Bill. Un bon lit pour leur deuxième câlin officiel serait sûrement mieux, mais...

- Tu veux vraiment le faire ici ? s'enquit-il.
- Pourquoi pas ? sourit légèrement Bill.

Le sexe du blond effleura ses bourses, cherchant son entrée, et le guitariste murmura, détournant le regard avec embarras.

- Ça sera pas parfait.

En effet, ils n'étaient pas exactement dans le plus grand confort ni dans la position la plus aisée qui fût. Souriant timidement, Bill haussa les épaules. Il caressa sa joue, obligeant le blond à le regarder.

- C'est pas grave si ça ne l'est pas. On doit s'entraîner, c'est ce que tu as dit, non ?

Nerveux, Tom s'esclaffa en entendant son jumeau lui rappeler ses propres mots. Bill leva légèrement la tête, venant cueillir un nouveau baiser sur ses lèvres avant de serrer son frère dans ses bras, laissant le jeune homme nicher son visage contre son cou.

Fixant l'eau qui tombait sur eux, telle une fine pluie d'été, le chanteur se crispa à peine alors que, tremblant contre lui, le blond le pénétrait doucement pour ne pas lui faire mal.

Quelques secondes plus tard, baignant toujours sous le jet brûlant qui rougissait leurs peaux, tous deux couinaient et grognaient de petits cris de plaisir, discrets mais excitants alors qu'ils se mouvaient lentement l'un contre l'autre tel des siamois dans une tendre étreinte.

Oubliant l'étrange réalité qui l'avait tant fait pleurer un peu plus tôt, Bill finit ainsi par fermer les yeux, gémissant à en perdre la raison alors que son frère frottait enfin sa prostate de la plus délicieuse des manières possibles.

C'était leur deuxième fois, et celle-ci, Bill l'avait décidé, était décidément parfaite.

Peu de temps après, ils arrivaient ensemble à l'extase, leurs cris allant se répercuter dans la parfaite acoustique de leur salle de bains, heureusement inaudible depuis l'extérieur de la résidence où, fourmillant avec leurs appareils photos, des fans et des paparazzi guettaient leur prochaine sortie, murmurant déjà des rumeurs tenaces qui ne feraient bientôt que grandir.

***

Le 20 septembre 2008, Bill allait passer sa coloscopie dans un grand hôpital berlinois.

Le 22 septembre, ses saignements avaient recommencé.

Le 25 septembre, lors de sa visite chez le docteur Bergman, ce dernier lui annonçait que les échantillons prélevés lors de sa coloscopie n'avaient rien révélé d'anormal mais constatait en l'examinant et en fronçant les sourcils l'existence réelle bien que résiduelle d'un nouvel écoulement de sang.

Le 6 octobre, il était déjà trop tard.

À suivre...

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# Posté le dimanche 28 décembre 2008 19:02

Modifié le vendredi 10 juillet 2009 18:54

Chapitre 6

Chapitre 6
Le 29 novembre 2008.

Allongé sur le canapé, Bill se tourna une nouvelle fois sur le côté pour tenter de soulager le tumulte dans ses entrailles, en vain. La télévision était éteinte, et de sombres nuages d'automne obscurcissaient la luminosité du jour qui traversait le toit de verre au-dessus du salon de leur appartement.

Bien déterminé à faire une petite sieste, le brun alternait depuis un bon quart d'heure entre gémissements plaintifs et grognements de frustration, mécontent de ne pas parvenir à trouver une position plus confortable.

Attiré par le bruit et inquiet, Tom passa la tête hors de la cuisine où il terminait de faire la maigre vaisselle qui avait été nécessaire à la préparation et à la consommation de pâtes à la bolognaise concoctées avec une de leurs sauces spéciales.

Malgré ce bon petit plat, Bill n'avait quasiment rien avalé, une fois de plus.

Cela faisait des jours et des jours que le chanteur avait mal au ventre et n'avait que peu envie de manger, vomissant quasi-systématiquement tout petit-déjeuner et ressentant des nausées à n'importe quelle heure de la journée, celles-ci menaçant de lui faire rendre le peu de nourriture qu'il arrivait à ingurgiter. Tom expira longuement, fixant son frère qui gigotait toujours au milieu des coussins.

À vrai dire, cela faisait déjà près d'un mois que son étrange affection durait. Celle-ci avait commencé par de légers maux de ventre, puis son état avait graduellement empiré, Bill se plaignant régulièrement depuis quinze jours de brûlures d'estomac et d'une fatigue constante.

Ils n'avaient pourtant que quelques concerts et interviews de prévus ci et là, préparant lentement mais sûrement quelques chansons pour le prochain album. Or, malgré leur planning allégé, Bill passait la plupart de son temps à faire de petites siestes pour soulager sa fatigue, à grimacer ou froncer du nez devant la nourriture et à aller aux toilettes, le chanteur étant pris depuis peu d'envies pressantes d'uriner à toute heure de la journée.

Plusieurs fois, Tom lui avait demandé de jurer qu'il n'était pas devenu anorexique, et exaspéré, Bill s'était autant de fois emporté, jurant aux grands dieux qu'il ne l'était pas : bien sûr, il avait perdu pas mal de poids ces derniers mois sous le stress de leur tournée américaine et de ses examens, mais Tom aussi !

En effet, tracassé tout au long des derniers mois par l'état de santé de son frère, Tom avait fondu comme neige au soleil. Ses immenses vêtements avaient cependant rendu sa 'fonte' quasi-invisible, cachant les angles anguleux de son corps fin alors que peu de gens – dont leur mère qui l'avait sermonné de manger sain – avaient remarqué le visage imperceptiblement plus fin et creusé du guitariste.

Malheureusement pour lui, Bill n'avait pas cet avantage.

Sous les projecteurs des EMA du 6 novembre à Liverpool, tout le monde – et surtout les journalistes – s'était en effet effaré de la maigreur du chanteur qui flottait littéralement dans ses vêtements moulants, lui conseillant paternellement de manger.

Agacé, Bill s'était moqué de leur sollicitude devant les caméras, plaisantant sur son 'anorexie', et également au passage, des rumeurs idiotes sur la toile concernant ses implants de seins et de fesses supposés – comme s'il voulait devenir une fille !

Or, sur le moment – et même s'il n'avait pu s'empêcher de couver son petit frère tout au long de la cérémonie et des interviews en l'observant attentivement –, ses éclats d'humour noir avaient fini par rassurer Tom, le guitariste pensant que son petit frère finirait par reprendre du poids maintenant qu'il ne saignait plus et n'avait donc plus de raison de stresser.

Cependant, ses espoirs s'étaient vite envolés.

Bill n'avait pas repris un gramme, recommençant même à perdre du poids. Car deux jours après les EMA, ces mystérieux maux de ventre avaient commencé, revenant jour après jour.

Tom fronça les sourcils. Ils n'en connaissaient pas l'origine, mais le guitariste était sûr qu'ils devaient être liés à l'étrange maladie de son frère, d'une manière ou d'une autre. Il soupira. Encore fallait-il découvrir ce que Bill avait.

En effet, après avoir examiné les saignements du chanteur à la fin septembre, le docteur Bergman – son gastroentérologue – avait été plus que perplexe, incapable de dire ce dont il s'agissait. Il avait fait tous les examens possibles, et ceux-ci n'avaient rien donné de concret.

Pour lui, Bill n'était pas malade, et c'était avec cette conviction que le chanteur était reparti du cabinet du docteur pour tenter de reprendre une vie normale.

Son répit n'avait duré qu'un mois, jusqu'à ce que ces maux de ventre ne commencent.

Tom soupira une nouvelle fois en posant une main sur l'embrasure de la porte, y appuyant son menton alors qu'il observait le jeune homme qui gémissait encore plaintivement, adorablement roulé en boule.

Un mois de répit, se remémora-t-il, pendant lequel ils avaient enfin pu relâcher la pression et se découvrir peu à peu dans cette nouvelle et fragile relation qu'ils tissaient lentement entre eux, les liant chaque jour un peu plus.

Se décollant lentement de la porte, le blond s'avança vers le canapé et s'assit doucement à son bord, posant une main à côté du ventre de Bill pour se pencher avec aisance sur lui. Le jeune homme s'était momentanément arrêté de bouger et lui tournait à moitié le dos, ses yeux fermés. Expirant longuement, Tom caressa son épaule.

- Tu es sûr que ça va ?
- Oui, bougonna Bill. C'est juste de la fatigue.

La main de Tom malaxa doucement le haut de son dos avant de venir glisser sur sa colonne vertébrale, et le guitariste souffla, observant soucieusement le jeune homme qui s'assoupissait, bercé par son toucher réconfortant.

- Ça fait quinze jours que tu es 'fatigué'. Il y a forcément autre chose qu'un peu de fatigue derrière ça.

Bill ne répondit rien pendant un temps, puis il eut un faux rire.

- Il n'y a rien d'autre, le docteur l'a dit. Tout ça, c'est dans ma tête, ironisa-t-il en gardant ses paupières closes, marmonnant contre le coussin où ses cheveux noirs étaient éparpillés.

Tom fronça les sourcils à son ton entêté et résigné, et il se pencha un peu plus, ses lourdes et longues dreadlocks qu'un épais bandeau blanc soutenait tombant légèrement en avant.

- Le docteur n'a pas dit ça. Et s'il pensait vraiment que c'était dans ta tête, il ne t'aurait pas rappelé pour faire d'autres examens sanguins, argumenta-t-il.

En effet, curieusement, le docteur Bergman avait récemment contacté Bill pour lui faire faire une autre prise de sang – le spécialiste ayant apparemment eu une révélation soudaine sur l'origine possible de son mal –, et trois jours auparavant, après avoir récupéré son ordonnance, le chanteur était passé au laboratoire local pour la faire, bien qu'il n'eût que peu de foi sur l'utilité de cet énième examen.

Bill ne répondit pas, feignant de s'endormir, et Tom murmura à nouveau d'une voix douce, essayant de le raisonner :

- On devrait peut-être annuler pour demain et...

À ces mots, Bill rouvrit subitement les yeux et tourna la tête vers lui.

- Quoi ? Hors de question ! le coupa-t-il.

Tom grinça des dents.

- Ce n'est qu'une fan party. On peut la remettre à plus tard.

Pour remercier leurs fans qui avaient voté pour eux aux VMA, le groupe avait en effet eut l'idée d'organiser un concours, conviant quelques centaines de fans à une petite fête à Hamburg. L'événement était extrêmement attendu par ces derniers, et plusieurs dizaines de jeunes filles rôdaient déjà autour de leur appartement, guettant leur départ, si bien que les jumeaux avaient prévu de partir durant la prochaine nuit pour ne pas attirer leur attention.

Ils se défièrent du regard, s'observant un instant sans rien dire en espérant que l'autre cède en premier, puis Bill grogna, relançant les hostilités :

- Non!
- Si.
- J'ai dit non.
- Et j'ai dit si.
- Tête de con.
- Ça, tu l'as dit, termina Tom en appuyant sur le bout de son nez pour désigner son double.

Un sourire apparut sur les lèvres du blond devant l'air interloqué du joli brun, Tom émettant un couinement que Bill jugea ridicule, et le chanteur ne put s'empêcher d'étouffer un rire gêné, troublé par la tension étrangement agréable qui flottait entre eux. Ils se fixèrent encore, amoureusement, et les yeux rieurs de Bill s'adoucirent, attendris. Il secoua légèrement la tête.

- Tomi, je sais que tu t'inquiètes, et c'est très mignon, mais... Je vais bien, insista-t-il. J'ai seulement un petit peu mal au ventre, pas de quoi en faire un drame.

Le guitariste rougit de voir son inquiétude qualifiée de 'mignonne', et se tut, pensif. Leurs yeux se fixèrent tendrement et Bill leva une main, venant caresser la joue de son frère pour le rassurer.

Se penchant encore un peu plus vers lui, Tom posa ses doigts sur les siens, tournant la tête pour les embrasser de petits bisous avant de les entrelacer, serrant les fines articulations avec une tendre possessivité.

- Et moi, j'ai seulement peur, finit-il par avouer, ses yeux anxieux rivés sur lui alors que l'angoisse l'envahissait à nouveau.

Il n'osait le dire à voix haute, mais malgré les analyses et les examens rassurants que Bill avait faits, il craignait par-dessus tout que cela soit un cancer du colon ou une autre tumeur du même genre.

L'air morne à sa réflexion, Bill soupira nerveusement, et sans rien dire, il se tourna complètement sur le dos. Faisant de la place à côté de lui en se décalant tout contre le canapé, il tendit ses bras ouverts à son jumeau, l'invitant à s'allonger contre lui. Tom ne se fit pas prier, et se colla sans attendre au jeune homme, calant doucement sa joue dans le creux de son épaule et enlaçant sa taille tandis que Bill l'entourait également d'un bras.

Le blond s'étira légèrement pour l'embrasser sur la joue, puis reposant sa tête contre son épaule, il se détendit en sentant son petit frère caresser et rouler ses dreadlocks entre ses doigts, se laissant volontiers câliner alors qu'ils se dévisageaient calmement, communiquant avec l'autre dans un étrange langage silencieux et hypnotisant.

Au bout d'un moment, ils fermèrent tous deux les yeux, leurs bouches entrouvertes expirant doucement de l'air chaud tandis que les deux jeunes hommes appréciaient dans leur doux embrassement le calme qui régnait dans leur appartement, jusqu'à ce que Bill ne remue légèrement, soudainement mal à l'aise dans sa nouvelle position.

Son inquiétude revenant au galop, Tom rouvrit ses paupières et regarda Bill glisser une main sous son bras pour masser de sa fine main son propre ventre, ses doigts frottant son tee-shirt en coton plusieurs fois de gauche à droite. Tom leva son avant-bras, fixant l'estomac de son frère.

- C'est douloureux ?

Levant les yeux, il vit Bill secouer la tête puis froncer les sourcils, réfléchissant pour décrire exactement ce qu'il ressentait. Finalement, le brun se tourna vers lui et se pencha légèrement, venant appuyer son front sur le sien.

- Pas vraiment. C'est comme si... ça me tiraillait de l'intérieur, hésita-t-il.

En effet, le chanteur avait l'étrange sensation que quelque chose s'étirait en lui. D'ailleurs, si Bill avait maigri lors des derniers mois, il avait l'impression bizarre que son ventre avait au contraire très légèrement gonflé. Bill fronça un peu plus les sourcils à cette pensée.

Tom cilla à ces mots, l'air curieux, et baissant une fois de plus la tête, il glissa une main sous le tee-shirt de Bill. Tournant la tête, le brun se crispa un peu à son intrusion, mais il se relaxa quand ses doigts s'écartèrent et balayèrent son ventre de petits cercles, le caressant doucement.

- Ça va mieux comme ça ? dit-il au bout d'un moment.

Enfonçant sa tête dans le coussin qui la soutenait, Bill geignit doucement.

- Je ne sais pas trop. Continue.

Gloussant doucement avant de redevenir sérieux, Tom obéit, et le silence retomba à nouveau, lourd. Quelques minutes plus tard, alors que le blond pensait qu'il s'était endormi, Bill murmura :

- Je sais qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans mon ventre.
- Tu es sûr que tu ne saignes plus ? s'enquit le guitariste en levant la tête vers lui.

Fronçant les sourcils, Bill gigota un peu en sentant la main de Tom s'immobiliser, et poussant un gémissement de mécontentement, il l'incita à continuer en posant sa main sur la sienne à travers le tissu. Tom s'exécuta, reprenant ses caresses, et le brun répondit en soupirant :

- Certain.

Tom réfléchit un moment, songeant une nouvelle fois aux étranges saignements, quand une idée traversant ses pensées lui fit relever la tête.

- Quoi ? demanda Bill.
- Non, je pensais à quelque chose de stupide... Ils étaient plutôt réguliers en fait, ces saignements.
- ... Et ?

Bill fronça les sourcils, ne voyant pas où il venait en venir, et Tom haussa les épaules, souriant en coin avec embarras.

- Eh ben, pour un peu, on aurait presque pu croire que tu avais des... règles.

Bill ne s'y trompa pas. Même s'il s'était étouffé d'un rire contrit à la fin de sa phrase, réalisant l'absurdité de ce qu'il racontait, Tom avait dit cela sur un ton plutôt sérieux et pensif. Choqué et offusqué par la simple suggestion d'une telle chose, y sentant là une once de vérité perturbante, le chanteur le fixa quelques secondes avant de d'élever la voix, chassant sa main de son ventre.

- Quoi? Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ? dit-t-il en fronçant les sourcils, incrédule. Comment tu peux me dire ça alors que je suis ton... frère, articula-t-il après une courte pause.

Il s'était apprêté à dire amant, mais le mot s'était coincé dans sa gorge, comme s'il était encore trop tôt pour le clamer avec une telle force à voix haute, et le c½ur de Bill se serra sans raison à cette pensée.

Ses yeux fuyants, Tom se fit penaud à son ton blessé.

- Bill..., tenta-t-il de le calmer. Je plaisantais.
- C'est pas drôle, clappa Bill. Je ne suis pas une fille, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.

D'ailleurs, si cela avait vraiment été des règles, il les aurait eues ces deux derniers mois, pensa-t-il alors qu'il ressentait l'inexplicable besoin de se prouver à lui-même avec une certitude absolue l'impossibilité de cette absurde théorie.

Embarrassé, Tom gloussa et se redressa légèrement pour l'embrasser d'un court baiser sur les lèvres et ainsi l'apaiser.

- Mais oui, je sais, je te taquine seulement. Je suis bien placé pour le savoir, tu ne crois pas ?

Après avoir détourné nerveusement les yeux pendant quelques secondes, Bill se calma, rougissant un peu de s'être ainsi emporté, et toujours extrêmement vexé par sa plaisanterie douteuse, il marmonna un 'connard' boudeur entre ses lèvres. Puis le regardant à nouveau, il lui fit une grimace, tirant puérilement la langue à son grand frère.

L'atmosphère s'était considérablement allégée à la fin de son involontaire petite gaffe, et Tom sourit en coin avant d'attaquer à nouveau ses lèvres, sa langue venant avidement se coller à la sienne dans sa bouche, tandis que sa main repassait sous son tee-shirt pour caresser à nouveau son petit ventre. Le brun ne le repoussa pas, se contentant de humpffer contre sa bouche.

Ils s'embrassèrent un moment de baisers mordants et passionnés, cherchant tous deux à prendre le contrôle, puis leurs lèvres ralentirent, s'embrassant plus langoureusement tandis que leurs nez s'amusaient à se câliner, les deux jeunes hommes reculant parfois pour s'observer de regards brûlants sous leurs paupières mi-closes.

Ses pupilles se posant sur ses yeux chocolat entre deux baisers, Tom murmura tendrement, redevenant sérieux :

- Quoi que tu aies, tu dois te reposer. Alors on ne restera pas longtemps à la fête demain, juste le temps nécessaire, d'accord ?

Fixant un instant ses yeux, Bill finit par acquiescer en soupirant, vaincu. Tom l'embrassa d'un court baiser sonore, grognant de satisfaction contre ses lèvres, et sa main glissa sur sa taille pour l'attirer encore plus près de lui.

- C'est bien, j'aime quand tu es raisonnable, petite s½ur.

Fronçant les sourcils, son petit frère rebelle grogna, faisant mine de vouloir mordre sa langue en montrant ses dents et en claquant ses mâchoires de manière menaçante. Tom gloussa, et ignorant son avertissement, il l'embrassa à nouveau tendrement, se frottant à lui dans un doux câlin rassurant.

Mais alors qu'il s'embrassait, l'étrange suggestion que le blond avait faite à son jumeau s'était insinuée, tel un doute innommable, dans l'esprit de ce dernier.

Le ventre de Bill se tordit. C'était stupide de penser à une telle absurdité. Ce ne pouvait pas être des... règles. C'était tout simplement impossible. Refoulant au plus profond de lui cette idée, rassuré par cette impossibilité, Bill se laissa aller, s'abandonnant aux paresseux baisers de son jumeau.

Bientôt, il irait mieux. Peut-être même que sa prise de sang révèlerait enfin l'identité du mal dont il était atteint, mettant le doigt sur la plaie pour mieux la guérir. Après tout, le docteur Bergman n'avait-il pas eu une intuition en l'envoyant faire ces nouvelles analyses ?

Bill embrassa Tom avec plus d'ardeur.

Oui, bientôt, il aurait tout oublié de cet étrange épisode de sa vie.

***

Le lendemain, la fan party avait eu lieu, et Bill avait semblé plus radieux et pétillant que jamais. À ses côtés, Tom avait discuté avec lui toute la soirée, le surveillant de près tout en ignorant royalement les regards de leurs fans rivés sur eux, les jeunes filles pensant avec mauvaise humeur que le guitariste s'était ennuyé à leur party.

Les jumeaux en étaient partis tôt pour aller se reposer, et les jours suivants s'étaient passés sans encombre, à goûter aux joies du calme retrouvé après ces longs mois de folie, bien que Bill fût encore et toujours malade, et Tom à ses petits soins.

Deux semaines plus tard, après quelques derniers concerts, le groupe avait officiellement quartier libre, et les jumeaux quittaient leur appartement berlinois pour aller passer les fêtes chez leur mère et leur beau-père.

Dans la matinée du 27 décembre, après que Simone ait passé les fêtes à essayer de remplumer ses garçons et à dorloter son plus jeune fils geignant et souffrant, un coup de téléphone retentissait dans la maison des Kaulitz.

Les résultats des derniers tests sanguins étaient tombés, et sans vouloir leur en dire plus à leur sujet au bout du fil, le docteur Bergman venait leur annoncer qu'il les redirigeait immédiatement vers un autre docteur plus qualifié que lui – un spécialiste en la matière soi-disant, bien qu'il soit resté muet sur ladite matière – qui pourrait les recevoir rapidement dans l'hôpital le plus proche de là où ils résidaient actuellement.

Une heure plus tard, le docteur Bergman envoyait fébrilement le dossier médical de Bill Kaulitz à un certain docteur Edelstein.

Trois jours plus tard, ledit docteur recevait dans un courrier confidentiel l'ensemble du dossier et des résultats médicaux du jeune homme accompagnés d'une lettre.

Et après avoir lu et relu une bonne dizaine de fois les résultats des tests qui avaient été faits et refaits par trois fois dans différents laboratoires, le docteur Edelstein n'en revenait toujours pas.

À suivre...

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# Posté le lundi 29 décembre 2008 17:15

Modifié le mardi 01 septembre 2009 13:48

Chapitre 7

Chapitre 7
Le lundi 5 janvier 2009.

Suivant sa mère de près, Bill entra dans la salle d'attente tête baissée. Son visage profondément enfoui derrière sa grande écharpe et son bonnet noir à visière, il jeta un rapide coup d'½il aux personnes présentes à travers ses immenses lunettes noires.

Trois femmes, qui devaient avoir de 25 à 40 ans, étaient éparpillées sur des sièges éloignés, attendant patiemment qu'un docteur vienne les chercher pour leur rendez-vous. Elles avaient été en train de parler mais s'étaient tues à leur entrée.

Bill s'assit à côté de Simone, et sachant très bien qu'il rougissait, il serra nerveusement les dents lorsque les regards des trois autres personnes présentes s'attardèrent sur sa longue silhouette et son fin visage. Elles le prenaient peut-être pour une fille, et à vrai dire, elles auraient toutes les raisons de le faire, vu l'endroit où ils se trouvaient.

En effet, le brun avait été fort surpris en arrivant à l'accueil de l'hôpital de Magdeburg quand en souriant gentiment, la secrétaire avait indiqué à Simone la direction du service gynécologique et obstétrique pour trouver la salle d'attente du docteur Edelstein.

Fixant le ventre arrondi de la jeune femme de 25 ans qui le dévisageait toujours suspicieusement, essayant certainement de déterminer son genre, Bill se ratatina encore sur sa chaise, cachant un peu plus son nez et ses joues rosies dans son écharpe en priant pour qu'elle ne l'ait pas reconnu.

Depuis qu'ils avaient compris que le docteur Edelstein était une gynécologue, Simone et Bill avaient échangé à voix basse un court conciliabule étonné dans le couloir, puis s'étaient tus, se résignant à aller lui parler par politesse et pour comprendre la raison de cette méprise, convaincus que cela ne pouvait être qu'une erreur.

Car ce ne pouvait en être qu'une. Le docteur Bergman s'était sans nul doute trompé sur le nom du spécialiste.

Bill soupira. Et dire que Tom et lui avaient dû annuler leurs vacances aux Maldives pour ça. Il en avait le c½ur brisé, ayant attendu pendant des mois ce qui s'apparentait à un voyage en amoureux.

Oui. Une semaine de soleil et de tendres câlins gâchée pour un rendez-vous qui ne servirait une fois de plus à rien, à part peut-être seulement à alimenter les rumeurs qui commençaient à filer sur la toile. En effet, quelques fans avaient déjà eu vent de certains de ses divers allers-retours à l'hôpital et au centre d'analyses, soupçonnant le chanteur de leur cacher quelque chose...

Le chanteur sursauta presque lorsque sa mère posa sa main sur son avant-bras, le frottant affectueusement en sentant son stress, et il se sentit légèrement coupable.

Il ne lui avait rien dit au sujet de ses saignements, ayant seulement expliqué à sa mère qu'il avait des douleurs aiguës dans le ventre depuis des mois. Quand ils étaient arrivés chez elle et Gordon, Simone avait été effarée de voir l'état de fatigue dans lequel son fils était, et elle s'était fait un devoir de le bichonner, préparant notamment de bons petits plats pour lui faire reprendre un peu de poids et concoctant des tisanes dont elle avait le secret pour soulager ses douleurs.

Tom n'avait pas échappé à son programme de choc, Simone trouvant le jeune homme trop stressé et amaigri à force de s'inquiéter pour son petit frère. En somme, toute l'attention de la maisonnée était centrée sur lui, et c'était tout naturellement que sa mère avait proposé de l'accompagner à l'hôpital pour sa visite, forçant Tom à se morfondre chez eux en attendant son retour avec impatience.

Dans le couloir à quelques mètres de là, une infirmière passa avec un nouveau-né qui pleurait, et les regards de Bill et Simone s'attardèrent sur les adorables petites menottes et la petite bouille. Il entendit sa mère pousser un petit cri attendri et Bill sourit. Lui aussi adorait les bébés. Néanmoins, les voir lui rappelait qu'il n'aurait certainement jamais d'enfants. Telle une faille dans son fragile bonheur.

Son sourire s'effaça alors qu'il devenait tristement pensif. Même s'il était avec Tom, le chanteur n'était pas encore sûr de sa sexualité, et il n'était pas sûr de ce qu'il adviendrait de son c½ur meurtri quand son jumeau et lui se sépareraient, ce qui arriverait sans doute tôt ou tard... Car Tom voudrait certainement une vie normale, un jour. Avec une femme, et un oncle pour ses futurs enfants.

Ils s'aimaient, mais l'amour ne pouvait sûrement pas suffire, si ? La poitrine de Bill se serra.

L'entrée d'une femme élégante habillée de blanc dans la salle d'attente interrompit ses mornes pensées.

Dans la trentaine, celle-ci avait des cheveux d'un roux flamboyant, longs et très finement bouclés, qui étaient attachés en demi-queue et tombaient en douces cascades dans son dos. Elle avait également des taches de rousseur, fascinantes par leur nombre, qui donnaient un air légèrement juvénile à son visage. Sa petite taille – du moins du point de vue du chanteur – d'environ un mètre soixante-cinq n'arrangeait rien, mais ses lunettes aux armatures rectangulaires rouges et noires qui encadraient son regard d'un marron vert profond lui octroyaient tout de même un air sérieux sans pour autant être trop sévère.

Elle scanna la salle d'un regard, et ses yeux s'arrêtèrent sur Bill et sa mère qui étaient assis côte à côte, s'attardant sur les lunettes de soleil du chanteur.

- Je crois que c'est à vous, dit-elle en souriant.

Son expression était assurée, comme si elle l'avait attendu de pied ferme – et peut-être avec impatience –, et Bill et Simone en furent un peu attrapés de surprise. Mère et fils se levèrent prestement, récupérant leurs immenses sacs, et la suivirent dans le couloir, s'éloignant des oreilles indiscrètes.

Au lieu de se diriger vers son cabinet, le docteur s'arrêta au milieu du couloir et se tourna vers eux. Elle tendit sa main au jeune homme.

- Bill Kaulitz, je présume ?

Sa voix très féminine, aiguë mais suave à la fois, était décidément douce et agréable à l'oreille. Acquiesçant, Bill lui serra la main en esquissant un léger sourire et la doctoresse se tourna vers Simone pour la saluer de même.

- Et vous devez être sa mère ?

Sa poignée était assurée, et Simone hésita, ses yeux s'attardant un instant sur le badge du docteur qui indiquait sans ombrage sa qualité de gynécologue :

- En effet, mais...
- Oui ?
- Excusez-moi, mais il y a forcément une erreur, dit-elle en souriant nerveusement. Je veux dire, pourquoi le docteur Bergman nous a-t-il adressés à vous ?

Le docteur Edelstein ouvrit la bouche pour parler mais suspendit son souffle un instant pour réfléchir à sa réponse. Son regard glissa sur le brun qui enlevait ses lunettes, dévoilant ses yeux en amande qui n'étaient pas maquillés, et les regardant tour à tour, elle sourit légèrement pour répondre.

- Je sais que vous devez trouver cela étrange, mais ne vous inquiétez pas, il y a une raison bien précise à cela. D'ici quelques minutes, je crois que vous comprendrez pourquoi. Cependant, en premier, j'aimerais voir Bill seul à seule, si cela vous convient, insista-t-elle.

Sa physionomie était rassurante, et pourtant, un vent de panique s'empara de Bill à l'idée de ne pas avoir sa mère à côté de lui pour le soutenir, sachant qu'il allait enfin savoir avec certitude la raison de tous ses maux.

Aux mots de la doctoresse, Simone hocha néanmoins la tête. Oui, il devait y avoir une explication totalement logique.

- Bien entendu, je serai dans la salle d'attente.

Sa main vint emprisonner un instant l'avant-bras de Bill, le frottant légèrement en lui souriant en signe d'encouragements, et elle retourna vers la salle d'attente. La suivant du regard, le brun inspira nerveusement, puis il reporta vivement son visage à nouveau fermé et méfiant vers la doctoresse.

En effet, le jeune homme ressentait toujours une certaine appréhension envers les inconnus depuis qu'il était devenu célèbre, surtout quand il ne savait pas si ceux-ci connaissaient et avaient une opinion arrêtée de leur groupe et de ses membres. Les journalistes racontaient tellement d'idioties que bien de gens à présent en Allemagne les haïssaient sans vraiment savoir pourquoi ils le faisaient. Absurde.

Le docteur Edelstein ne sembla pas remarquer sa méfiance peureuse cependant, et faisant quelques pas, elle lui indiqua une porte ouverte non loin de là, l'invitant à passer devant elle. Bill ne la fit pas attendre, et bien qu'un peu hésitant, il pénétra dans le cabinet.

Elle referma la porte derrière eux et contourna le bureau pour s'installer dans son fauteuil tournant.

- Je vous en prie, asseyez-vous.

Bill posa son sac sur le tapis, et regardant autour de lui, il s'assit, s'enfonçant dans un fauteuil au cuir noir et confortable.

La pièce était cerclée de meubles de rangement surchargés de dossiers bien étiquetés qui cachaient la tapisserie claire des murs, et derrière de grosses glaces coulissantes, d'énormes volumes d'encyclopédies médicales trônaient, parfaitement alignés, telles de vieilles antiquités. Sur le bureau, une petite statuette représentant une femme enceinte semblait le regarder d'un air doux.

Avec une grâce toute féminine, Bill commença à enlever son imposante écharpe qui protégeait sa gorge fragile de diva, et il ôta lentement son gros manteau, sous l'½il intrigué de la doctoresse qui l'observait au-dessus de ses lunettes, tenant déjà la lettre du docteur Bergman entre ses mains tandis que le dossier médical du chanteur était posé à côté d'elle, ouvert.

Bill baissa la tête en sentant son inspection, et ses ongles manucurés vinrent gratter nerveusement son cou. Le chanteur était tout de noir vêtu, habillé d'un pull à col roulé près du corps et d'un jean moulant qui révélaient les contours d'un corps élancé aussi fin qu'une brindille.

Le docteur Edelstein reporta son attention sur les phrases écrites d'une écriture fébrile sur le fin papier à lettre, et le jeune homme tira sur son pull, en étirant nerveusement les manches alors qu'il reposait ses yeux sur la petite femme rousse, notant en lisant son nom à l'envers qu'elle avait déjà son dossier, sûrement envoyé par le docteur Bergman.

Le silence était omniprésent, et il attendait avec impatience qu'elle reparle quand ses yeux tombèrent sur un petit cadre posé dans un coin du bureau. Il y avait une photo à l'intérieur représentant le docteur et une petite fille rousse en robe rose riant aux éclats qui lui ressemblait beaucoup. Levant légèrement les yeux de sa lettre, le docteur Edelstein sourit avec amusement en le voyant fixer l'image.

- C'est ma fille. Elle vient d'avoir dix ans et elle est raide dingue de vous. Sa chambre est placardée de posters.
- Oh...

Bill rougit, se sentant étrangement mis à nu. Il ne faisait nul doute que ce docteur devait déjà en connaître un rayon sur lui au travers de sa fille, et plus encore avec son dossier médical entre les mains. Néanmoins, il était rassuré d'une certaine manière. À la différence de beaucoup de parents, cette femme ne semblait pas hostile à leur groupe ni à la folie qu'on les accusait de créer parmi les jeunes. De plus et surtout, elle était tenue au secret professionnel.

- ... Merci, bafouilla-t-il sans savoir pourquoi.

Elle ne répondit pas, continuant avec concentration sa lecture sans le regarder pendant un moment, puis elle souffla longuement, repliant la lettre et la reposant sur la table.

- Est-ce que le docteur Bergman a eu le temps de vous expliquer quoi que ce soit ?
- Non, répondit Bill d'une petite voix, heureux qu'elle en vienne enfin à ses résultats.

Relevant la tête, le docteur Edelstein sourit calmement.

- D'accord. On va y aller en douceur alors. Déjà, je tiens à vous annoncer que vos saignements ne sont en rien liés à une tumeur ou autre chose du même genre. Ils sont au contraire très bénins.

À ces mots, Bill inspira et expira bruyamment, fermant un temps les yeux, complètement soulagé, puis remis de son stress, il rouvrit ses paupières, tiquant alors qu'il fronçait les sourcils.

- « Bénins » ? Comment ça ?

La doctoresse posa ses bras sur le bureau, croisant ses doigts entre eux. Elle chercha un moment ses mots et le chanteur se crispa. Cela devait pourtant être grave si elle essayait de lui annoncer les choses en douceur.

- Bill... Je sais par le docteur Bergman que vous avez subi pas mal d'examens avant qu'on ne trouve ce qui était responsable de vos saignements. Or, il y a une raison à cela. Lors des premiers tests que vous avez passés, voyez-vous, il ne cherchait que des traces de maladies infectieuses et autres maladies inflammatoires.

Elle s'interrompit, vérifiant que le chanteur était bien tout ouïe, et elle poursuivit :

- Néanmoins, et je dois dire que c'est étonnant de la part d'un homme, le docteur Bergman a eu une intuition... disons... plutôt féminine. Et une bonne, sourit-elle. Il a formulé une hypothèse dans votre cas qui apporte quelque éclairement, et pour être franche avec vous, je ne suis pas sûre que j'y aurais moi-même pensé à sa place.

Elle marqua une autre pause, voyant le regard perplexe mais concentré du jeune homme rivé sur elle, puis elle tenta avec douceur une première explication.

- Dans votre dernière prise de sang, le docteur Bergman a effectué une recherche de gonadotrophine chorionique, autrement connue sous le nom d'hormone bêta-hCG... Avez-vous une idée de ce dont il s'agit ?

Bill chercha un instant dans sa mémoire pour voir si le terme lui disait quelque chose, puis il secoua la tête.

- Non, désolé.
- Ne le soyez pas, sourit-elle. Peu de gens le savent. Dans tous les cas, cette hormone a déjà atteint un taux conséquent dans votre sang, et si elle peut parfois être secrétée en présence de tumeur cancéreuse, comme dans le cancer des testicules, on est sûrs que la raison pour laquelle elle est dans votre sang est bien plus... banale, si je puis dire.
- Vraiment ? frissonna Bill à la mention du mot "cancer".

Le docteur Edelstein hocha la tête.

- Oui. Le laboratoire s'est livré à d'autres tests relatifs qui ont levé tous les doutes que l'on pouvait avoir en trouvant une telle substance dans votre corps.

Bill se figea subitement, inquiet en l'entendant parler de 'substance'.

- Si vous pensez que je me drogue...

À sa surprise, le docteur Edelstein éclata d'un rire franc et léger, tout aussi agréable que l'était sa voix.

- Non, pas du tout, rassurez-vous. Bien que cette hormone soit utilisée par certains sportifs pour se doper, ce n'est pas à quoi le docteur Bergman pensait en vous faisant faire cet examen, et cela ne me serait également jamais venu à l'idée.

Semblant amusée, elle dévisagea sa frêle silhouette qui n'avait pour le moins rien d'athlétique, et rougissant sous son auscultation, Bill se tortilla, mal à l'aise. Il détourna le regard un instant avant de la fixer à nouveau, angoissé :

- Qu'est-ce que ça signifie alors ?

La doctoresse retrouva son calme à sa question, mais répondit encore indirectement.

- Les résultats de vos examens ont mis en évidence quelque chose que je voudrais vérifier en vous faisant passer une échographie, si vous le voulez bien.
- Une échographie ? dit Bill en fronçant les sourcils.
- Oui, ça nous permettra d'avoir une vision claire de vos organes internes.
- Oh, d'accord, hésita-t-il.
- Pouvez-vous me suivre ? C'est juste à côté.

Bien qu'un peu déstabilisé, Bill acquiesça, et prenant son dossier en main, le docteur Edelstein se leva soudainement, faisant couiner plaintivement sa chaise, puis elle se dirigea vers une porte attenante au bureau et l'ouvrit, l'invitant à passer devant elle.

Ils entrèrent à l'intérieur d'une petite pièce toute simple aux murs blancs remplie d'appareils et de matériel, et la doctoresse posa son dossier à côté de l'échographe qui se tenait en son centre. Allant se laver les mains dans un petit lavabo un peu plus loin, elle lui indiqua la table d'auscultation.

- Allongez-vous.

Bill lui obéit, et quelques secondes plus tard, il relevait son pull et son tee-shirt à sa demande. Elle lui fit également défaire sa ceinture, baissant légèrement le boxer dont les élastiques avaient laissé des traces rouges sur sa peau, et Bill posa la tête en arrière, paradoxalement calme et stressé à la fois par le silence qui régnait, sentant que la doctoresse lui cachait des choses importantes.

- Qu'est-ce que j'ai ? demanda-t-il d'une voix nouée.
- Ne vous inquiétez pas, vous le saurez bientôt.

Elle tourna l'écran de l'échographe vers elle, et prenant un peu de gel dans un tube cylindrique, elle l'étala avec douceur sur son petit ventre.

Bill n'avait pas grossi, néanmoins, l'aspect gonflé de son ventre était resté, passant d'infime à perceptible en un mois, et le chanteur rougit légèrement à ces pensées.

Il n'en avait parlé à personne, pas même à Tom. Cela faisait une quinzaine de jours qu'ils étaient chez leurs parents, et même si Tom et lui dormaient toutes les nuits ensemble, comme ils en avaient toujours eu l'habitude depuis tout petits, ils n'avaient pas osé aller plus loin en sachant leur mère à quelques mètres de là, susceptible de les entendre.

Oh bien sûr, ils avaient réussi à se voler quelques moments chauds et câlins, mais rien qui n'inclût une nudité trop compromettante. Dans tous les cas, Bill était sûr que Tom n'avait pas remarqué l'étrange ballonnement de son ventre, et c'était tant mieux.

- J'ai l'impression... que mon ventre est gonflé, avoua-t-il à mi-voix, embarrassé.
- Oui, légèrement, confirma-t-elle sobrement comme si c'était la chose la plus naturelle au monde. C'est normal.

Perturbé par sa courte remarque, Bill sentit son c½ur s'accélérer avec angoisse, et il allait parler quand terminant d'étaler le gel, elle reprit, tentant de le mettre à l'aise.

- Jolis tatouages.

Bill sourit avec gêne en rencontrant ses yeux doux et calmes alors qu'elle s'asseyait sur un tabouret tournant à côté de lui.

- Oh, merci.
- J'espère qu'ils ne seront pas abîmés, dit-elle d'un ton évasif. Ce serait dommage.
- Pardon ? s'étonna-t-il, cherchant une explication à ce qu'elle venait de dire. Le gel est nocif pour l'encre ?
- Non, ne vous inquiétez pas. Je ne pensais pas à ça, continua-t-elle avec hésitation. Détendez-vous.

Un peu rassuré, il la regarda prendre la sonde, y déposer un peu de gel à son bout puis lancer l'enregistrement de l'appareil, et oubliant son étrange réflexion, le brun demanda encore, perplexe :

- Il ne faut pas boire d'eau pour faire une échographie ?
- Non. Contrairement à la croyance populaire, ce n'est pas toujours nécessaire, notamment dans votre cas... si les résultats de vos examens sont justes, expliqua-t-elle songeusement.
- Comment ça ?

Elle ne répondit pas tout de suite, fixant le moniteur entouré de boutons étranges.

- Il vaut mieux que je vérifie en premier pour ne pas vous dire de bêtises.

Son regard se concentra sur l'écran, et Bill étira son cou, essayant de voir ce qu'il y avait dessus.

Néanmoins, comme elle l'avait tourné vers elle, l'écran était de biais, et Bill ne voyait pas les contours de l'image, devinant à peine les couleurs aux tons de gris de celle-ci. Mal à l'aise, il remua légèrement alors que la sonde s'attardait sur son bas-ventre gonflé, ressentant l'étrange besoin de se débarrasser de cette étrange pression menaçante sur son ventre fragile.

En effet, après avoir tourné sur une large zone pendant un petit moment, le docteur Edelstein s'attardait à présent sur un point précis, y appuyant avec douceur et précaution en sentant Bill sur le qui-vive. Se retenant de soupirer nerveusement à cette attente, le brun jeta un coup d'½il vers la petite femme.

Cette dernière semblait étrangement fascinée et subjuguée par le spectacle qui s'offrait à ses yeux et une longue minute de silence passa avant que Bill n'ose parler, s'impatientant légèrement.

- Qu'est-ce que j'ai alors ?

La doctoresse fit encore un peu tourner la sonde, puis elle la retira, reposant l'instrument sur son support, non loin de là. Son regard quitta l'écran redevenu inerte, et pivotant sur son siège, elle posa ses bras sur ses cuisses et entrelaça ses doigts entre eux, comme pour se préparer à une explication, puis elle se pencha imperceptiblement vers lui. Le ventre de Bill était toujours exposé à l'air libre, recouvert de gel, et Bill frissonna à son expression sérieuse.

- Bill, vous me semblez être un jeune homme intelligent, et comme ce que j'ai à vous apprendre est pour le moins... peu courant, j'aimerais qu'on discute de certaines choses, pour que vous compreniez de vous-même de quoi il retourne. D'accord ?

Elle sourit, son air encourageant, et Bill se mordit anxieusement les lèvres. Il acquiesça néanmoins.

- Bien, dit-elle avec satisfaction. Tout d'abord, j'aimerais que vous me parliez de ces saignements que vous avez eus. Quand sont-ils apparus ? Etaient-ils abondants ? Combien de temps ont-ils duré ? Quand se sont-ils arrêtés ? énuméra-t-elle avec une expression nonchalante mais attentive.

Surpris, Bill prit un instant pour réfléchir. Il n'était pas sûr de savoir où elle voulait en venir, mais il avait un mauvais, très mauvais pressentiment. Finalement, il dit doucement.

- La première fois qu'ils sont apparus, c'était en février 2008, je crois. J'étais en plein traitement pour mes cordes vocales et j'allais bientôt me faire opérer pour mon kyste. Ça n'a duré qu'un jour, c'était juste quelques gouttes sombres, et j'ai cru que c'était une réaction au traitement ou au stress que j'avais à ce moment-là.
- Mais ça a recommencé le mois suivant, n'est-ce pas ? dit-elle en croisant les bras.

La fixant, Bill ouvrit la bouche, mais il mit un temps avant de répondre, étonné de devoir confirmer ses dires.

- Oui, pendant deux jours. Mais c'était à peine visible.
- Et le mois suivant ?

À ces mots, Bill se figea, sentant son sang se glacer dans ses veines. Inconsciemment, son souffle s'était coupé alors que ses yeux restaient rivés à ceux du docteur, décryptant malgré eux un message fort déplaisant.

Le docteur Edelstein semblait néanmoins attendre sa réponse, ou plutôt, sa confirmation, et Bill murmura avec appréhension :

- Trois jours.

La doctoresse le fixa, souriant avec une certaine compassion en voyant qu'il commençait à réaliser ce qu'il avait sans nul doute refoulé et tenté d'ignorer, et elle souffla.

- Je ne vais pas continuer, je crois que vous voyez où je veux en venir ?

Se mordant les lèvres, l'air pétrifié, Bill secoua la tête. Les mots de Tom, il y a quelques semaines de cela, lui revinrent en tête.

Pour un peu, on aurait presque pu croire que tu avais des... règles.

Secouant de plus en plus la tête, le chanteur murmura d'une voix tremblante :

- Non, enfin, je n'en suis pas sûr.
- Moi, je crois que si.

Clignant des yeux pour en chasser l'humidité, Bill se mordit encore les lèvres et au bout d'un moment à essayer de se reprendre, il demanda d'une voix vibrante :

- Comment c'est possible ?
- Si je vous examinais, ce qui n'est pas nécessaire dans l'immédiat, je trouverais certainement un orifice près de l'entrée de votre anus qui mène à un petit utérus que je viens de voir à l'écran, souffla-t-elle doucement.

Choqué, Bill porta ses mains devant sa bouche. Sa tête tournait légèrement.

- Un autre... orifice ? demanda-t-il, terrifié.

Et un utérus ?

- Il est certainement extrêmement petit, à peine palpable, sinon le docteur Bergman l'aurait senti, le rassura-t-elle rapidement. Mais suffisamment ouvert pour laisser passer vos menstruations.

Menstruations. Le mot était lâché, et Bill regardait à présent avec de grands yeux écarquillés et effrayés le docteur, et il eut un haut-le-c½ur.

- Mais... comment ? Je veux dire, je ne peux pas... Je ne peux pas... être...

Il s'emmêlait dans ces mots, incapables de formuler une pensée cohérente. Et tout d'abord, qu'est-ce qu'il était ? Une fille ?

- Vous êtes intersexué, répondit avec calme le docteur Edelstein, semblant lire ses pensées. Hermaphrodite si vous préférez.

Bill secoua la tête, refusant visiblement le terme, et la doctoresse prit son temps pour réfléchir et expliquer au mieux son cas. Reprenant le petit cahier qu'elle avait posé près de l'échographe, elle commença doucement en relevant les yeux sur lui :

- J'ai lu dans votre dossier médical que vous avez eu une cryptorchidie. Cela arrive à beaucoup de petits garçons à la naissance, mais il est rare que cela continue après un an. La vôtre ne s'est résolue qu'à l'âge de trois ans avec des injections. C'est beaucoup plus rare, et malheureusement, cela a souvent de fâcheuses conséquences.

Perdu, Bill secoua encore la tête, il n'était pas au courant de ça. Sa mère ne l'avait jamais mentionné.

- Une quoi ? Qu'est-ce que c'est ?
- Une cryptorchidie. Cela veut dire qu'à votre naissance, vos testicules n'étaient pas descendus dans vos bourses, et ils ne l'ont pas fait d'eux-mêmes par la suite. Le problème n'était apparemment pas physiologique car... (elle prit son dossier et le feuilleta), on vous a prescrit des hormones qui ont réglé le problème, du moins en apparence.
- Je ne comprends pas.

Atterré, Bill s'était figé. La doctoresse reprit :

- Vos testicules sont descendus sans qu'il y ait besoin de faire une orchidopexie, c'est-à-dire une opération chirurgicale, expliqua-t-elle lentement. Des doses ponctuelles de gonadotrophine chorionique, l'hormone qui stimule habituellement la descente du testicule, ont été injectées dans votre aine. Elles ont suffi à les faire descendre, car il n'y avait pas d'obstacle physiologique pour les empêcher de le faire... Néanmoins, par la suite, vous n'avez pas eu de suivi médical adéquat, et les conséquences de votre cryptorchidie n'ont pas été traitées.

Elle s'interrompit un moment pour le laisser digérer les informations.

- Vous avez besoin que je vous répète quelque chose ?

Le brun secoua une énième fois la tête, et voyant qu'il avait réussi à suivre son explication, elle continua :

- Le fait est, vous avez un léger déficit de production de testostérone depuis votre naissance. Même si d'autres facteurs ont dû jouer, c'est sûrement dû à cette cryptorchidie bilatérale.
- C'est-à-dire ? trembla Bill.

Le docteur Edelstein hésita, mais continua néanmoins :

- Aucun de vos deux testicules n'était descendu, et on a certainement trop tardé avant de s'en occuper. Il est fort probable que cela ait affecté leur fonctionnement. Ils produisent moins de testostérone qu'ils ne le devraient... et il est également fort probable que votre sperme soit complètement stérile. C'est très fréquent en cas de cryptorchidie bilatérale, dit-elle avec précaution.

La gorge de Bill se noua, son souffle se coupant. Il était... stérile ?

- Une autre conséquence à cela, poursuivit hâtivement le docteur Edelstein, est que vous avez un équilibre entre vos taux d'hormones masculines et féminines qui est assez exceptionnel.

Bill fronça les sourcils, sa gorge de plus en plus sèche.

- Comment ça ?
- Malgré leur dysfonctionnement, vos testicules ont pu produire assez d'hormones masculines tout au long de votre puberté pour vous donner une apparence parfaitement masculine, expliqua-t-elle, alors qu'en parallèle, vos hormones féminines ont peu à peu réussi à développer cet utérus à l'origine de vos règles...

Sentant de la sueur froide glisser dans son dos, Bill balbutia :

- Mais... pourquoi est-ce que j'ai... maintenant..., dit-il sans parvenir à terminer sa question.
- Parce que maintenant, vous êtes à la fin de votre puberté, et votre taux de testostérone baisse légèrement en faveur de votre taux d'½strogènes. Ainsi, votre utérus a pu arriver à maturité, et vos règles ont commencé.

Le silence retomba. Bill la fixa un moment, horrifié, puis il argumenta enfin, sa voix reprenant un peu de force :

- Mais, j'ai un frère jumeau. Un vrai jumeau, et lui n'a pas... Je veux dire, il n'est pas... je ne suis pas..., s'embrouilla Bill. On est des garçons !

Le docteur Edelstein acquiesça.

- Et je n'en doute pas une seule seconde. Je suis certaine que vous êtes génétiquement un garçon, Bill. Mais votre paire de chromosomes sexuels porte sûrement une anomalie à l'origine de vos problèmes hormonaux. Or, voyez-vous, ces hormones ont beaucoup plus d'impact qu'on ne le croit sur le corps.
- Comment ça ? bégaya-t-il.
- Prenons une métaphore, si l'ADN était une recette de cuisine, les hormones en seraient les ingrédients. Ce sont elles qui détermineront le résultat final, vous comprenez ? Tout embryon humain dans le ventre maternel est tout d'abord féminin. Et même pour une personne née garçon, la femme reste le programme par défaut inscrit dans nos gènes les plus anciens, les plus élémentaires. L'homme est une sorte de programme pirate, sourit-elle doucement avec compassion. Sans la testostérone, les ½strogènes reprennent les rênes. C'est ce qui vous est arrivé, Bill.

Elle se tut finalement, le laissant réfléchir à ce qu'elle venait de lui dire. Bill la fixa, complètement hébété. Tremblant comme une feuille, il attendait qu'elle lui dise que tout cela n'était qu'une horrible farce. Cela n'arriva pas.

Elle ne dit rien, et ce ne fut rien comparé à la suite, la question suivante tombant comme un coup de massue alors que le chanteur croyait en avoir terminé.

- Maintenant que nous avons éclairci ce point, poursuivit doucement la doctoresse, et sachant que tout ce qui est dit ici ne passera pas les portes de ce cabinet, j'aimerais que vous me répondiez franchement.
- Oui ? hésita Bill.
- Avez-vous eu des relations sexuelles avec un autre garçon ?

Figé, Bill la regarda un moment, sa bouche s'ouvrant et se fermant plusieurs fois sans qu'il puisse dire quoi que ce soit alors que ses pensées dérivèrent un instant sur Tom, des flashs de leurs ébats amoureux remontant sans mal à la surface de ses souvenirs.

Jusqu'à présent, il n'avait pas eu besoin de révéler à quiconque, y compris à son gastroentérologue, qu'il avait eu des relations homosexuelles. Néanmoins, quelque chose, telle une intuition dérangeante, lui disait que la doctoresse connaissait déjà la réponse, et il répondit, extrêmement mal à l'aise :

- Oui.
- Au cours de ces derniers mois ?

Rougissant comme un coquelicot, Bill hocha pudiquement la tête, et elle acquiesça en écho, enregistrant sa réponse comme si ce n'était qu'une confirmation de plus, et il eut à nouveau un pressentiment, son estomac se tordant. Elle ne pouvait pas vouloir dire que...

Pâlissant à vue d'½il, il la fixa d'yeux éberlués alors qu'elle se tournait à nouveau vers l'écran de l'échographe. Contrairement à la première fois, elle le fit pivoter vers lui, le mettant dans un axe parfaitement visible pour le chanteur, et elle reprit la sonde, y déposant à nouveau un petit peu de gel à son bout.

Sentant son stress alors qu'il la dévisageait à présent avec des yeux écarquillés complètement terrifiés, elle se tourna à nouveau vers lui.

- Calmez-vous, Bill. Respirez calmement.

Elle attendit quelques secondes qu'il inspire et expire plusieurs fois, puis quand il acquiesça, livide, elle posa doucement la sonde sur son ventre, observant à nouveau l'écran. Bill ne put s'empêcher de suivre son regard, et il se contracta malgré lui. Ses mains posées sur la table d'auscultation tremblaient, moites.

- Regardez à l'écran, dit-elle.

Au bout de quelques instants, elle retrouva l'endroit qu'elle avait tant examiné quelques minutes auparavant, et lui montra ce qui ressemblait de prime abord à une tache.

- Regardez, répéta-t-elle plus bas d'un air absent.

Elle bougea encore la sonde, et la forme apparut petit à petit.

- Dites-moi ce que vous pensez voir... ici ?

Son doigt dessina les contours de ce qui ressemblait à un cercle, puis il traça une autre forme, plus complexe, à l'intérieur de celui-ci, facilement identifiable.

Bill fixa ce qu'elle lui montrait pendant un long moment, ses yeux remplis de larmes sous le stress, le choc. Il voyait ce que le docteur essayait d'obtenir de lui, cherchant à lui faire admettre de lui-même la vérité, si incroyable qu'elle puisse paraître.

Il se remit à secouer la tête, portant ses mains devant sa bouche.

Après de longues secondes de silence, il finit par s'immobiliser, et sa voix tremblante déchira le silence pour prononcer des mots absurdes :

- Un... bébé ?

Se tournant vers lui, la doctoresse souffla un 'oui' à peine audible, étudiant sa réaction. Ses mains toujours portées à son visage, Bill pleurait.

Pas de cris, juste des larmes de détresse silencieuses, faisant face à l'impossible.

Le docteur Edelstein reprit la parole au bout d'un moment.

- Le dernier test que le docteur Bergman vous a fait faire était pour déterminer si vous aviez un taux important d'hormone bêta-hCG. Car en dehors de faire descendre les testicules ou de permettre de détecter un cancer, c'est une hormone qui se retrouve habituellement à fortes doses dans le sang quand une femme est enceinte. C'est d'ailleurs ce que les tests de grossesse décèlent habituellement dans l'urine.

Elle marqua une pause, sentant que Bill était tétanisé, puis elle termina :

- Quand le résultat est apparu positif, les laboratoires ont recherché la date de fécondation. Elle a eu lieu le 6 octobre dernier. Vous en êtes donc déjà au début de votre quatorzième semaine de grossesse, c'est-à-dire au tout début de votre quatrième mois. Au tout premier jour, exactement.

Les yeux du brun s'écarquillèrent encore plus.

Il était enceint de trois... mois ?

Bill trembla, essayant de parler en vain alors qu'il fixait toujours l'image. Il se sentait mal et n'était pas sûr d'arriver à se lever et encore moins à marcher après ça sans s'évanouir. Finalement, la doctoresse l'interpella doucement, le tirant de sa contemplation remplie de peur et d'effroi en retirant la sonde.

- Vous voulez que j'appelle votre mère ? s'inquiéta-t-elle.
- Non !

Le docteur Edelstein sursauta, surprise. Bill avait presque crié. Sa tête tournant comme un manège et son ventre manquant de se retourner pour de bon, il secoua la tête, apeuré. Comment réagirait sa mère en apprenant que son fils était à moitié fille, qu'il avait couché avec un homme et qu'il portait un bébé ?

- Je ne peux pas vous laisser repartir comme ça, dit-elle avec inquiétude.
- Je suis désolé. Mais elle ne sait rien, strictement rien, ne put-il s'empêcher d'avouer en reniflant un sanglot.
- Vous êtes libre de lui dire ou de ne pas lui dire. Mais j'imagine assez bien votre situation, et quoi que vous décidiez de faire, je pense que vous avez besoin de soutien et de conseil. Si vous ne voulez pas en parler à votre mère, peut-être que vous pourriez en parler à votre frère, ou à un ami ?

Elle lui essuya le ventre avec douceur, enlevant consciencieusement le gel, et la regardant faire, Bill secoua la tête, soudainement paniqué en pensant à son frère.

Tom, comment réagirait Tom en apprenant qu'il était une sorte d'hybride informe... et qu'il portait un bébé, son bébé à l'intérieur de lui ?

- Non, pas mon frère, dit-il précipitamment. Et je ne vois pas qui d'autre...

Il se mordit les lèvres ne voyait pas en effet à qui il pourrait en parler. Même Andréas serait complètement flippé par une telle nouvelle, et ce n'était certainement pas la première personne à qui Bill devrait parler de ça.

- Il vaut mieux encore que ça soit ma mère, conclut-il en essuyant de nouvelles larmes, complètement sonné.

Le docteur Edelstein acquiesça.

- Je vais la chercher. Je peux vous laisser seul un instant ? Ça ira ? Tenez, prenez ça.

Elle lui tendit des mouchoirs et alla remplir un verre d'eau qu'elle lui donna. Elle attendit qu'il le boive, observant sa main tremblotante tenir de manière incertaine le récipient en plastique, et quand il eut terminé, elle s'excusa pour aller chercher sa mère.

Resté seul dans la petite pièce, Bill porta encore une main à sa bouche, étouffant un sanglot. Baissant la tête, il posa une main en tremblant sur son ventre, pensant à l'aberration qu'il y avait à l'intérieur.

Il n'arrivait plus à réfléchir, il n'arrivait plus à se rappeler comment il avait pu se retrouver dans pareille situation. Les mots du docteur lui semblaient à présent flous et insensés. Tout lui semblait si irréel. Et pourtant, pourtant... Bill était sûr de deux choses.

Il était enceint.

Et l'enfant qu'il portait était celui de Tom, son frère jumeau.

À suivre...

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# Posté le mardi 30 décembre 2008 21:30

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 20:45